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 Quand l'Egypte s'invite {Sélène

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MessageSujet: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Dim 24 Jan - 5:44

    Le froid de Janvier se manifestait encore avec une intensité rigoureuse. Si les alentours de Providence avaient abandonné son délicieux manteau blanc, les températures hivernales continuèrent de se faire ressentir avec ferveur. Il ne gelait certes pas mais le compteur avoisinnait les 0 degrés sans aucune difficulté. Un temp à vous faire rester chez soi, bien au chaud dans votre lit. La torture d'en sortir semble tout simplement intolérable, insupportable. L'envie de chaleur était bien trop forte pour qu'une quelconque personne normalement constituée commence à désirer s'aventurer dans un climat aride et glacial. Pourtant, bon nombre des habitants de la ville n'eurent pas le choix. Les célibataires et autres chefs de famille devaient se rendre à leur boulot respectif. Les enfants ne pouvaient se permettre de râter les cours. Les professeurs se voyaient obliger d'affronter ce climat inhospitalier alors que leurs étudiants terminaient courageusement leurs derniers examens. La majeur partie d'entre eux avaient déjà fini d'ailleurs, ayant droit à une semaine de calme, de vacances et de repos tandis que leurs enseignants devaient s'appliquer à corriger les centaines de copie qu'ils avaient reçus. Tel était ce rituel de début d'années, tel était la tradition que devaient de se respecter les membres du corps professoral de l'université. Une obligation à laquelle se plia Gabriel McPherson, le récent et jeune professeur d'archéologie de Brown. Comme l'ensemble de ses confrères, il aurait donné n'importe quoi pour prendre une semaine de répit après ses longues sessions d'examens. Toutefois, il tentait de ne pas s'en plaindre, préférant se réconfortant des connaissances et du savoir bien emmagasiné et, souvent, resitué comme il se devait par ses élèves.

    "Un café Ernie !"

    Lança le jeune homme lorsqu'il entra dans le Starbucks. Ernie, une icône pour les habitués de cet endroit. Un tenancier chauve, dans la quarantaine et souffrant d'un léger embonpoint. Un homme tout ce qu'il y avait de plus simple, tant dans son attitude que dans sa façon d'interagir avec l'ensemble de ses clients. Il se voulait d'ailleurs souvent amusant et agréable sur le plan de la sociabilité. Le serveur acquiesca en saluant notre cher professeur d'un hochement de tête amical. Le café ne semblait pas encore trop rempli pour le moment, c'était on ne peut plus plaisant et on ne peut plus plaisant pour ce dont quoi Gabriel avait décidé de s'atteler. Ayant besoin de changer d'endroits, de changer d'air, il continuerait ses corrections de copies ici-même, autour de ces éternels cafés dont la saveur restait inégalée selon lui. Il avait découvert les saveurs de caféine de l'Ecosse, de l'Angleterre ou encore de la France. Il s'était essayé au goût de marques étrangères, allant du café italien à celui que l'on produit en Egypte ou encore dans les contrées de l'Europe de l'Est et du Moyen-Orient. Mais jamais, ô grand jamais, il n'avait pu retrouver un tel plaisir que celui auquel que pouvait lui produire le café d'Ernie. Enfin soit ! Le moment n'est guère venu de faire une dissertation ou une apologie quelconque sur les saveurs du café à travers le monde et, ce, même si cela pouvait représenter un intérêt certain pour pas mal de personnes. Habitué des lieux, le professeur d'origine écossaise vint s'installer à 'sa' table. A savoir, une table en question pouvant accueillir trois personnes et qui était accostée à l'une des grandes baies vitrées du café. Il défit sa grande écharpe noire qui se posa précieusement sur l'appui de fenêtre, juste avant que la veste de cuir noire du jeune homme ne prennen possession du dossier de la chaise sur laquelle il était assis. Ainsi Gabriel apparut de façon habituelle, dans un jean's bleu clair mêlé à un pull à col roulé noir également.

    Tranquillement, il vint saisir le tas de copies manuscrites appartenant aux étudiants de quatrième et cinquième années. Ce sont ses copies en question qui lui demandaient d'ailleurs énormément de travail. Durant les trois premières années, il se contentait de réaliser différents questionnaires à choix multiples pour ses élèves. Mais les deux années suivantes, l'examen se transformait en forme de rédaction et de dissertation libre que le professeur devait parcourir avec patience et attention. Le tas de feuille trouva place sur la table : il commencerait par les quatrièmes. Mais avant cela, Ernie arriva avec le grand pot de café du jeune homme.


    "Alors, encore plongé dans les corrections ?"

    Souligna le tenancier de façon amical.

    "Oh, la routine habituelle. Mais je pense que tu pourras compter sur moi pour faire ton chiffre d'affaire aujourd'hui !"

    Plaisanta notre ami en offrant un clin d'oeil à son serveur, ce dernier le gratifiant d'un air amusé avant de lui souhaiter bonne chance et de s'en retourner à son comptoir. Bic en main, Gabriel prit alors une première courte gorgée de son café pour le moins bouillant avant d'en grimacer légèrement. Il se pinça doucement les lèvres puis saisit la première copie de la liste. 'Parker Johnson' Un nom qui vint faire frémir le professeur. Et pour cause, ledit Parker était l'un de ses pires élèves. Un garçon qu'il aurait bien imaginé finir en trafiquant, pilleur de tombes ou quelque chose du genre mais certainement pas en un historien passionné et parcourant le monde dans le but d'aider l'humanité à prendre conscience de son passé. Une espèce d'appréhension qui ne put que se confirmer lorsque le professeur découvra le titre du sujet abordé : 'Le lien se tissant entre les archéologues et l'économie'. Un faible travail de deux pages qui tentait vainement d'expliquer la liaison qui existait entre lesdits archéologues et le gain financier que leur découverte pouvait leur rapporter.

    Trois quart d'heure ! Il passa trois quart d'heure sur cette copie. Il lu longuement l'écrit de ce mouton noir, se devant de corriger les innombrables fautes d'orthographe qui pouvait exister avant de se lancer dans une note d'appréciation assez sèche et pour le moins salée. Une fois de plus, même si cela ne servirait sans doute à rien, Gabriel ne pu se retenir de venir partager sa vision de l'archéologie ainsi que ce que représentait réellement ce métier. A savoir : travailler pour le plaisir de la connaissance, pour la richesse intellectuelle et spirituelle des monuments et autres 'trésors' découverts. Faire un point d'honneur à ouvrir les yeux de ce Parker sur l'aspect sociologique et humain qui étaient deux des fondements de cette branche, de cette section. Cela ne le dérangeait aucunement de parler ainsi ouvertement de sa passion, de son métier, de sa vie. Toutefois, ce fut avec soulagement qu'il referma son bic et plaça la copie de côté.

    Recommandant un autre café, la mine quelque peu sombre du professeur vint alors se parsemer d'un sourire de soulagement et de bonheur. L'élève suivant n'était autre que Sélène Smith. A l'instar de mister Johnson, cette dernière était l'une des meilleures étudiantes de son cours. Il ne la connaissait que très peu cette jeune fille mais était sure d'une chose : c'était une véritable passionnée. Cela se ressentait dans l'implication dont elle faisait preuve à chaque devoir, à chaque examen. Et cette appréciation ne put être qu'approuvée lorsqu'il découvrit le titre de sa rédaction : 'Le rôle de la place de Vérité dans la tradition égyptienne ?'. L'Egypte... La passion la plus grande et la plus intense de la demoiselle d'après ce qu'il avait pu découvrir d'elle durant toute l'année venant de s'écouler. Un petit point qui l'amusait quelque peu et qui l'intriguait. En effet, il ne cessait souvent de se demander quel élément déclencheur avait pu être à l'origine de cette même passion. Une interrogation qu'il ne pouvait que garder pour lui jusqu'à présent, n'ayant jamais eu l'occasion d'en discuter avec elle.


    "Merci Ernie."

    Fit Gabriel sans même adresser un regard au serveur cette fois-ci. C'est de manière un peu plus franche qu'il vint prendre sa première gorgée tout en laissant son regard venir se glisser sur les premières lignes de cette rédaction qui ne tarda pas de le passionner et de le captiver !
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Selene Smith

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Dim 24 Jan - 16:12

Le vent glacial caressait ses joues légèrement roses, tandis que son souffle chaud se matérialisait par une légère brume blanche à chaque expiration. Parfois elle regrettait Londres. Certes, le soleil n’était pas très présent là-bas, mais le climat n’était pas comparable à celui du pôle nord. Son corps tout entier semblait être geler, elle ne sentait d’ailleurs plus ses mains, une sensation assez désagréable dois-je dire. Elle avançait douloureusement dans les rues de Providence, protégée par un long manteau noir, qui de sa capuche lui couvrait aussi le visage dans un second temps. C’est ainsi qu’elle fit rapidement son entrée dans le Starbucks Café, légèrement essoufflée de cette traversé d’un désert glacial. Elle vint doucement s’asseoir au comptoir tout en retirant doucement sa capuche, découvrant enfin son doux visage. Visage légèrement rosé qui lui donnait un petit charme, certes. Elle sentait la chaleur de ce lieu lui caressait doucement la peau et lui réchauffait petit à petit le corps dans son ensemble. Elle sentit enfin le sang coulait dans ses veines, et son cœur battre dans sa poitrine, comme s’il se réveillait d’un long sommeil, laissant apparaître une légère douleur au début, qui s’estompa rapidement. Elle posa son roman sur le comptoir. Un Christian Jacq. L’Égypte, encore et toujours n’est-ce pas. Le premier tome des Mystères d’Osiris intitulé « L’arbre de Vie ». Elle revint habilement à la page ou elle s’était arrêtée la veille avant de lever son regard vers Ernie.

« Bonjour ma belle ! Alors comme d’habitude ? »
« Bonjour Ernie..Oui, comme d’habitude s’il te plait.. »
« Je t’apporte ça le plus vite possible Miss ! »

Avant d’entamer sa lecture, et par simple curiosité, elle jeta quelques regards à ses alentours. Sait-on jamais, peut être y avait-il quelqu’un qu’elle connaissait. Personne…Personne..et soudain son regard se bloqua sur un jeune homme. Gabriel McPherson, son professeur d’archéologie. Il corrigeait les copies, sûrement celle de son examen. Examen qu’elle avait brillamment réussi d’ailleurs. L’Égypte était une source d’inspiration inépuisable chez elle. Mais ce n’est pas ça qu’elle remarqua, c’est cette aura qui se dégageait de lui. Elle ne parvint pas à détacher son regard de lui, de cette perfection qui se dégageait de chacun de ses traits, de ce petit sourire qu’il affichait en lisant la copie. Peut être était-ce sa copie ? Intimement, elle l’espérait. Elle ne se rendit pas compte que son regard fût posé sur lui bien plus que quelques secondes, comme si elle était ailleurs. Soudain il releva son regard de la copie, et son regard plongea dans le sien, contact qui la fit légèrement rougir. Elle se retrouvait comme prise sur le fait, et elle n’aimait pas vraiment ça. Que devait-elle faire ? Aller le saluer, ignorer la situation ? Pourquoi une telle confusion s’emparait d’elle tout à coup, ce n’était qu’un professeur, et juste un regard. Pourtant elle ne parvenait pas à s’en détacher, elle semblait prise au piège. Jusqu’à ce qu’une voix s’élève près d’elle, la faisant légèrement sursauter. Ernie avec son chocolat chaud. Ernie, son sauver devait-elle dire !

« Voilà Mademoiselle, c’est pour toi ! »
« Merci Ernie. »
« Bois le vite avant qu’il ne refroidisse. Tu sais que tu m’as l’air bien pâle en ce moment, tu manges assez au moins ? »
« Ernie, c’est juste les températures hivernales qui congèlent la moindre cellule qui me compose, je préfère l‘aridité des terres égyptiennes…arrêtes donc de t’inquiéter va. »

Ernie était vraiment gentil avec elle, peut être qu’il se sentait légèrement responsable d’elle, il était un peu comme un second père. Sauf que dans son regard, il n’y avait pas la peine qu’elle lisait dans celui de son père. Elle prit dans ses mains le chocolat chaud, et le contact de ses mains froides sur le chocolat chaud la fît légèrement frissonner. C’était agréable, tout comme le contact entre le chocolat chaud et son corps. La chaleur de celui-ci semblant se diffuser dans l’ensemble de son corps. Mais elle se souvint alors de ce qu’il venait de se produire quelques secondes plus tôt. La regardait-il encore ? Devait-elle le vérifier ? Elle savait qu’elle allait le regretter mais timidement, elle tourna légèrement la tête vers lui, et son regard croisa à nouveau le sien. Elle était maudite, c’était la seule conclusion logique à ce phénomène. Elle esquissa un léger sourire avant qu’Ernie ne vienne à nouveau la sauver. Comment pouvait-elle le remercier dignement ?

« C’est ton professeur non ? »
« Oui, en effet..Tu le connais bien ? »
« Ouais, il vient souvent ici, un bon petit gars..Il te plaît ? »
« C’est mon prof’ Ernie, puis parle pas si fort, il pourrait t’entendre ! »
« Tu sais c’est pas parce qu’il est prof que.. »
« Ernie, tu sais ce que je risque de faire si tu continues ? Je vais partir, me trouver un petit igloo sympa et devenir un petit glaçon. »
« Bon d’accord ma belle mais j’veux que ton bien tu sais ! »
« Je sais Ernie t’inquiètes pas…Ca va.. »

Le ton sur lequel elle répondit ça lui fît un peu de peine, mais il décida de la laisser tranquille et de s’occuper d’autres clients. Elle ne voulait pas lui faire de peine, mais elle ne voulait pas non plus qu’il s’inquiète pour elle. Comment pouvait-on s’inquiéter pour elle ? Ce n’était pas possible, il ne devait pas. Elle se plongea donc dans son livre, tout en portant à sa bouche de manière régulière le chocolat chaud. La chaleur de celui-ci réchauffait son corps, mais pas réellement son cœur.

Tout en lisant son roman, ses pensées glissèrent doucement vers sa copie d’examen. « Le rôle de la place de vérité dans la tradition égyptienne ». Christian Jacq fût sa source d’inspiration sur son sujet, avec ses autres connaissances aussi diverses et variées. Et quel rôle ! Un rôle capital surtout pour les pharaons qui se succédaient, et dont les temples et les tombes étaient l’œuvre de la place de Vérité. Place de vérité dont l’on dit que les artisans les plus doués, étaient en son sein. Des artisans scellés par le secret de cette place, dont la lumière divine éclairait toute création. La place de vérité était à l’image d’une microsociété sous les ordres du Pharaon, et n’ayant pour seul objectif d’assouvir ses désirs : temples, tombeaux, objets divers et variés, une mine d’or qui fût souvent source de jalousie et de conspiration. Un sujet plus que passionnant. Elle espérait que ce sujet plairait à son professeur, et surtout son style d’écriture ainsi que ses propos. En parlant du loup..


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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Dim 24 Jan - 20:07

    La Vérité, la seule, l'unique, la vraie était une notion que très peu respectée au sein du royaume des Hommes. Elle était baffouée par tout le monde, n'importe où, à chaque seconde. L'être humain même le plus sincère n'était qu'une source de tromperie et de mensonges. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'Homme était ainsi fait. Ainsi était-il mu par ses propres intérêts et qu'il ne pouvait que se résoudre la moitié de son temps afin de garder l'image qu'il pouvait laisser resplendire de sa propre personne ou bien pour réussir à atteindre ces fameux buts qu'il s'était fixé. Inutile de se voiler la face, tout le monde mentait et la notion de vérité semblait alors plus que futile. Mais la Vérité, celle avec un V majuscule, celle que l'on ne pouvait ignorer, celle qui était le fruit d'une personne, d'une société, d'un peuple entier était tout simplement inaliénable. L'on ne pouvait l'entâcher, la salir ou la détruire. Elle était ce qu'elle était, point. Bien évidemment, de par le temps, beaucoup s'y sont essayés. C'est d'ailleurs en cela que l'on peut déterminer la naissance des mythes, des légendes, des récits légendaires de malédiction ou de prophéties aléatoires. Un ensemble de récit gravitant tout autour de cette même Vérité pour la renforcer ou l'anéantir une bonne fois pour toute. Un fait dont on avait conscience ne fut-ce qu'au fond de nous-mêmes et, ce, tout en se voilant la face. C'est certainement comme cela qu'est née l'archéologie. Par ce désir de révéler les mystères du passé. Dévoiler la Vérité, celle que le temps avait enfoui sous ses sables, sous ses terres afin de le garder purifier de toute action humaine, de toute violation pure et simple. Restituer un passé et comprendre nos ancètres par des découvertes ne cessant, encore aujourd'hui, de se produire par le monde. Source de cette profession et explication justifiant sa catégorisation en tant que science sociale.

    Cette description fidèle de la réalité de nos valeurs constituait quelque peu l'introduction du travail de cette chère Sélène. Une introduction d'une page entière, veillant précieusement sur les quatres autres pages qu'avait pu produire son étudiante. Cela contrastait parfaitement avec la bien maigre copie de monsieur Johnson que Gabriel avait corrigé juste avant. Certes, la qualité privilégeiait sur la quantité mais il y avait des étudiants comme mademoiselle Smith qui savait conjugué les deux à la perfection, ne pouvant que faire naître un bonheur et une profonde satisfaction au creux du professeur McPherson. Les lignes défilèrent sous ses yeux et, pour ajouter à son plaisir, aucune faute d'orthographe ne se distinguait. Quoi de plus agréable qu'un texte délicieusement écrit, dont la tournure des phrases étaient digne d'un roman de la grande littérature française. Un choix judicieux de mots, un ton agréable et vivant et dont la pureté orthographique restait inviolée. Le genre de travail que l'on parcourt en croyant rêvé qu'une telle chose puisse encore exister aujourd'hui. Une nouvelle constatation, une fois de plus, qui ne cessait de confirmer le statut de Sélène comme l'une des meilleures élèves de la section.

    Gabriel venait de terminer la deuxième page en même temps que son café. Venant se pourlécher les babines comme pour guetter la moindre goutte de café ayant résisté sur sa gencive, le jeune homme abandonna l'espace de quelques secondes sa lecture pour venir chercher Ernie du regard. Il balaya le café de droite à gauche, trouvant alors l'intéressé assez rapidement. Pourtant, lorsque ce fut fait, ce n'est guère sur le serveur que son attention se porta. Ses iris de couleur cyan se posèrent sur les billes bleutées de la jeune femme. Ce regard... Un véritable aimant attirant notre ami vers lui. Une force intense d'attraction face à laquelle Gabriel avait toujours un mal fou de résister. Des yeux mystérieux, renfermant en apparence une montagne de secret tout en venant se livrer à son observateur sans gêne aucune. Une sorte de barge enflammée s'en échappait pour se fondre dans le corps du professeur qui se sentait à chaque fois animé de longs frissons aussi plaisant que déstabilisant, se répandant dans son corps, de la tête aux pieds, sans sommation aucune. Oui, il ne pouvait lutter contre ça. C'était naturel, involontaire, destiné ou que sais-je ? Mais c'était comme ça ! Tout simplement ! Ce même regard n'était autre que celui de la fameuse élève passionnée à l'allure de romancière. Sélène Smith avait trouvé place dans ce café, assise sagement à une table, ayant totalement passer inaperçue vis à vis de l'attention de Gabriel lors de son arrivée. Le professeur s'était tant plongé dans le récit offert qu'il n'avait pu trouver la force de se reposer son attention sur le monde l'entourant. Excepté en cet instant comme vous l'aurez compris ! Combien de secondes s'écoulèrent ? Il ne le savait pas. Un fin et léger sourire niché au coin de ses lèvres vint soutenir ce regard profond et charismatique posé sur celui de l'étudiante. Malgré les sensations ressenties en son être intérieur, il ne faisait rien de mal ou d'anormal. C'était une élève qu'il connaissait, qu'il observait l'espace de quelques instants avant qu'Ernie ne remarque l'attente de son client.


    "Tu pourrais m'en remettre un autre s'il te plait ?"

    Demanda-t-il au vieil homme qui acquiesca en venant reprendre la tasse vide de notre ami. Lors du départ du reponsable du café, Gabriel le suivit du regard avant de reposer son attention sur Sélène encore quelques instants. Néanmoins, il reprit ses esprits et reposa son attention sur la copie même de cette demoiselle. De la savoir présente, il voulait s'appliquer et essayer de donner un verdict impartial et néanmoins rapide afin de pouvoir en discuter par la suite avec elle. Après tout, tant que la jeune femme était présente sur les lieux, autant en profiter non ? Bon, cela impliquerait certainement un retard dans les corrections de notre ami mais vu le travail qu'il avait encore à abattre, il n'était plus vraiment à une heure près !

    "Merci Ern'!"

    "Tu vas finir par te flinguer le foie à boire autant de caféine..."

    "C'est un sacrifice que je suis prêt à faire pour toi !"

    Plaisantèrent les deux hommes. Sa nouvelle tasse devant lui, il reprit une énième gorgée. Depuis qu'il était arrivé, il ne comptait même plus ces dernières. La seule chose qui fut différente, c'est qu'il eut le loisir de laisser glisser ses pupilles sur l'étudiante qui, à son tour, semblait détourner son attention de lui, comme si elle avait été prise en flagrant délit. Cela fit naître un sourire un peu plus prononcé sur le visage de notre ami qui se replongea dans la lecture du travail. Une main sur son stylo bille en train de suivre le cheminement du mot, l'autre caressant lentement sa nuque, il finit par se pencher en arrière et réprimer un petit soupir. Il avait la sensation d'étouffer, de ne plus avoir d'air. Oui, il avait trop chaud. Quoi de plus étonnant lorsque l'on est vêtu comme un esquimau ! Quand on est dehors, c'est pratique, ça c'est clair mais rester avec deux couches de vêtements dans un endroit tempéré comme celui-ci était insupportable. Relachant donc son stylo bille, il prit les bord de son pull par le bas et le releva tout le long de son corps afin de l'enlever. De par ce geste, le-tshirt blanc du professeur se trouvant sous sa deuxième couche fut entrainé dans le mouvement. Voilà comment, l'espace de quelques secondes, tant Sélène que les autres clients purent voir le torse de Gabriel se dévoiler sans aucune pudeur dans sa quasi totalité. Un torse plat et musclé que les années de sports et d'explorations avaient finalement marqué par des traits fins et légers qui dessinèrent ses muscles de manière parfaite. Ce n'était ni invisbile, ni trop prononcé. Un équilibre parfait pour un corps l'étant tout autant...?

    Sans même prêter d'attention particulière sur son étudiante à ce moment là, McPherson déposa son pull sur le dossier de sa chaise avant de replacer correctement son t-shirt. Une gorgée de café, le bic en main, il put reprendre alors sa lecture en toute simplicité. L'heure de la conclusion arriva rapidement, bien trop rapidement même. Comme à chaque fois qu'il lisait l'un des travaux de miss Smith, il se sentait affamé, avait envie d'en avoir encore plus, de continuer de la lire pendant des heureus et des heures. Elle était l'une des rares à lui procurer cet effet là parmi la montagne d'élèves qu'il avait en cours. Certains de ses camarades arrivaient à avoir cette même force mais pas beaucoup ! Le point final ayant sonné le glas de cet examen, Gabriel vint saisir la copie de son élève, ainsi que son bic et sa tasse de café. Tout naturellement, il se leva et quitta sa table pour venir à la rencontre de la principale intéressée. L'heure du verdict avait sonné pour elle et, quelque part, elle pouvait se sentir très honorée de pouvoir être la première à connaître son résultat final pour ce premier semestre.


    "Mademoiselle Smith !"

    Sourit-il de façon chaleureuse tout en arrivant devant elle.

    "Comment allez vous ?"

    Demanda-t-il pour enchainer tout aussi rapidement sur le but de cette petite visite improvisée si l'on peut appeler cela comme ça.

    "Je me suis dis que vous seriez peut-être intéressée de discuter de votre copie d'examen ?"
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Selene Smith

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Dim 24 Jan - 21:57



Quel était donc ce maléfice ? Où devrais-je plutôt dire cet enchantement qui l’envoûtait lentement, s’emparant de son corps petit à petit, ayant pour effet de la faire rougir lorsque son regard se plongeait dans le sien. Et ce n’était que le début. Elle venait de porter une nouvelle fois son regard sur lui alors qu’il retira doucement son pull. Un geste banal, certes, mais le principal n’était pas là. Elle suivit son geste du regard, du début jusqu’à son retrait total. Elle pût apercevoir, comme plusieurs autres personnes dans la salle, son torse légèrement musclé, aux traits d’une perfection exquise, et des lignes d’une pureté envoûtante. Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure devant ce spectacle avant de se poser son regard sur son chocolat chaud. Elle s’appliquait à respirer calmement, bien que la vision de son torse soit tout sauf reposante. Elle vit Ernie près d’elle avec ce sourire qu’elle connaissait mieux que personne. Il avait capté le regard de notre jeune étudiante. Oui, cela ne faisait aucun doute à présent, elle était maudite. Il semblait fier de lui, comme si enfin il était parvenu à la prendre sur le fait, et qu’elle ne pouvait pas nier.

« Tu te souviens de ce que j’ai dis ? C’est pas parce que c’est un prof qu’il ne peut rien s’passer tu sais..  »
« Parfois je me demande si tu tiens à la vie Ernie.. »
« Tu ferais pas de mal à une mouche Selene :D: Et t’es belle comme un cœur, et ça se voit que tu l’aimes bien..  »
« Je l’apprécie parce que c’est mon prof’ d’archéologie et que j’aime cette matière, c’est tout. »
« Toujours aussi têtue.. »

Et encore, le mot est sûrement faible. Tout comme le passage subtile du verbe « aimer » de Ernie à celui d’  « apprécier » dans sa réponse, léger changement qui était pourtant très révélateur de l’état d’esprit de Selene. Elle ne pouvait pas bien aimer McPherson, et puis qu’est-ce que cela signifiait bien l’aimer ? Admirer sa beauté digne des plus grandes divinités était-ce un pêché ? C’est dans des moments comme celui-ci où notre jeune archéologue se sentait perdue. Lorsqu’elle était affrontée à ce sentiment qu’elle pensait inconnu à son cœur. Une future archéologue qui chercher une vérité perdue tout en étant perdue elle-même, le comble de l’ironie n’est-ce pas ? Mais sa voix qu’elle connaissait si bien la sortit immédiatement de ses pensées. Elle faillit d’ailleurs s’étouffer avec la gorgée de chocolat chaud qu’elle venait d’avaler. Ce n’était décidément pas son jour. Ou alors il y avait définitivement quelque chose chez lui qui influençait son équilibre. Elle retourna son visage vers lui, et bien que gênée par les précédents regards, elle parvint à esquisser un léger sourire.

« Bonjour Mr McPherson.. »

Si elle allait bien ? En théorie oui ça allait, bien qu’après quelques réflexions, ça n’allait pas tellement bien en vérité. Sans oublier la culpabilité qui continuait de la ronger chaque jour depuis sa naissance, venait à présent se mêler ce sentiment de confusion et de chaos dans son esprit. De plus, pour la première fois, cette proximité avec son professeur la mettait mal-à-l’aise. Peut être était-ce à cause de ce torse inoubliable qu’elle venait d’apercevoir et qui ne voulait pas quitter son esprit. Comme si cela ne suffisait pas, elle sentait le regard d’Ernie posait sur elle, et elle imaginait aisément un sourire satisfait sur son visage.

« Bien malgré ce froid que mon corps ne supporte guère..Et vous ? »

C’était donc bien sa copie d’examen qu’il avait sous les yeux. Elle ne pût s’empêcher de rougir en repensant à ce sourire qu’il avait en lisant ses phrases. Son devoir était-il si bon qu’il en avait l’air ? Cette pensée la laissa rêveuse, et elle s’imagina dans le futur. Elle aimerait écrire des romans, à l’image de Christian Jacq, faire des conférences à son image, pourquoi pas enseigner elle aussi sa passion à de jeunes élèves ? Il y avait tant de possibilités en plus du fait de partir à la rechercher de nouveaux trésors qui n’attendaient plus qu’elle. La célébrité ou la valeur économique de ces trésors ne l’intéressait guère, la valeur historique et la signification de ces trésors n’ayant pas de prix. Elle souhaitait ardemment découvrir de nouvelles histoires, pouvoir retourner des siècles auparavant pour s’imaginer dans cette civilisation passionnante, envoûtante, indescriptible. Une aventure incroyable l’attendait, peut être pas à l’image des aventures d’Indiana Jones, mais une aventure qui avait marqué sa vie. Son passé, son futur, son présent, tout reposer sur l’archéologie et l’Égypte.

« Oui, j’aimerais beaucoup avoir votre avis sur mon devoir..J’ai beaucoup à apprendre encore.. »

Ce qui était la vérité absolue. Elle savait très bien qu’elle avait de grandes connaissances, mais des connaissances bien maigre à l’échelle de l’histoire de cette Terre, de tous les détails encore inconnus des différents règnes des pharaons, des manuscrits attendant d’être découverts, des momies qui attendent patiemment qu’on les libèrent de leur enclave. Elle était si impatiente d’en apprendre plus, de mieux comprendre, d’en savoir plus. Elle voulait que l’Égypte coule dans ses veines, que le Nil soit la muse lui permettant d’écrire ses lignes fluides et véridiques, que les Dieux Égyptiens la guident durant sa traversée d’une rive à l’autre, qu’elle soit une enfant protégée de l’Egypte, que ces terres anciennes deviennent sienne. Mais c’est sans compter sur le retour de notre bon vieux Ernie.

« Le professeur et l’étudiante ensemble pour parler de sa copie, si c’est pas beau ça ! »
« Ernie, je crois que les clients qui sont tout au fond du magasin t’attendent, tu devrais y aller. »

Oui, elle allait le tuer, c’était une certitude. C’était à s’en demander qui était le plus têtu entre les deux ! Elle le regardait d’un regard que celui-ci comprenait très bien. S’il continuait de la taquiner, elle lui règlerait son compte une fois seule avec lui. Pourtant celui-ci resta en face d’eux, derrière son bar, toujours affichant le même sourire. Par tous les dieux, cet homme était un vrai démon quand il le voulait.

« J‘ai pas raison Gab‘, tu trouves pas qu’elle est belle à croquer cette jeune femme ? »

C’est comme si le temps venait de s’arrêter. Comment il osait lui faire ça, à elle ? La seule chose qu’elle désirait le plus à l’instant hormis l’envie de partir en Egypte c’était l’envie de disparaître. La honte, c’était tout simplement la honte. Elle referma bruyamment son roman car il était à présent impossible pour elle de lire une ligne de plus sans ressentir cette pulsion meurtrière vis-à-vis d’Ernie. Elle parvint à conserver un sang froid étonnant, une de ses nombreuses qualités d’ailleurs, bien qu’il était dur de ne pas rougir en l’attente de sa réponse, plus que gênante, c’était une certitude. Elle avait l’infime espoir qu’il n’ai pas entendu la question d’Ernie et qu’il lui parle de sa copie, mais c’était une illusion dérisoire, il avait tout entendu, et elle allait devoir changer rapidement de sujet où sinon Ernie se ferait un plaisir de la ridiculiser davantage.

« Je veux tout savoir sur mon devoir, principalement si cela vous a plu.. »




Dernière édition par Selene Smith le Lun 25 Jan - 4:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Dim 24 Jan - 23:01

    Maléfice... Un nom parfait pour décrire les méfaits d'une attirance corporelle. Le désir, l'appel d'un autre coprs au sien, le plaisir que l'on avait observé un autre individu en se laissant subitement envahir par le plaisir d'images intenses et inavouables. Celles d'instants magiques, que la morale pourrait réprouver. Celle du pêché d'une luxure sommeillant en nous et s'éveillant à des moments bien souvent inappropriés. Le plaisir de vouloir être auprès d'une personne, soit-elle connue ou bien parfaitement étrangère. L'on s'en moque, l'appel est là, présent, criant de vérité. Il tonne en nous tel un orage violent, éclatant toute sa rage avant de ravager tout sur son passage. Une force obscure qui nous pousse à aller sur ce chemin du désir, à le rendre possible, réalisable. Cette même force qui nous transforme, quitte à changer l'entièreté de notre être pour répondre aux attentes de la personne désirée. Une même attirance vous conduisant bien souvent à bon nombre d'extrêmes malsains et destructeurs sur le long terme. Donc, oui, beauté du feu ardent de la passion et de la désirabilité d'un coprs, d'un être... Mais maléfice de notre existence qui s'abat sur nous sans que nous puissions nous en tirer. Au mieux, nous pouvons espérer l'enfouir suffisament au fond de notre être pour que l'on y renoncer, qu'on le relègue à la place des sentiments tout bonnement oublié avec les affres du temps. A la différence prêt que ce désir n'a qu'à se retrouver une fois confronté à la source de son explosion pour retrouvé toute sa force, sa chaleur et sa vigueur. Que de piètres pantins étions nous face à nos instincts et nos sentiments qui, avouons le, nous connaissait bien mieux que nous nous connaissions nous-mêmes. Même si, de façon contradictoire, ce n'est que notre être qui dictait les mêmes ressentiments et émotions. La complexité du genre humain avait une fois parlée ! Enfin, tout cela pour en venir à cette attirance que Gabriel avait trouvé dans la magnifiscence et la simplicité du regard de Sélène. Néanmoins, une attirance qu'il, comme certaines personnes précitées, refoulait au fond de lui-même pour ne rester que ce simple professeur et non cet homme en attente d'une évolution quelconque avec son élève. Pour le bien de notre existence, il est parfois nécessaire de taire nos désirs que nous n'avouions même pas à nous-mêmes !

    Sa place abandonnée, il avança vers la jeune mademoiselle Smith qui semblait totalement perdue dans ses pensées. D'après ce qu'il avait pu observer, cette dernière avait eu quelques échanges avec ce cher Ernie. Ce dernier était-il alors responsable de cette évasion spirituelle qu'elle s'offrait à l'instant même ? L'avait-il mis mal à l'aise ou choquée d'une façon ou d'une autre ? Il n'en n'avait aucunement la réponse et cette curiosité universelle se prêtant à tous les archéologues s'éveilla bien vite en lui. Après tout, peut-être qu'Ernie n'y était pour rien dans tout cela. Du peu qu'il connaissait la jeune femme, il ne serait pas étonné que ce soit le livre même de Christian Jacq qu'elle parcourait actuellement qui pouvait la plonger dans un monde de songes et de rêveries. Sans compter un quelconque élément extérieur à sa scolarité comme par exemple la rencontre d'un nouveau jeune homme, l'absence spirituelle qu'entraine toute histoire d'amour naissante. Ou bien avait-elle des vacances prévues qu'elle attendait déjà avec impatience ? Les suppositions arrivèrent en bloc et s'entrechoquèrent dans le cerveau du professeur qui, dans ce genre de situation, aurait bien apprécié de savoir mettre son cerveau en pause. Mais cela, ça lui était tout bonnement impossible ! Ses cellules grises étaient constamment en activité, enchainant projets, questionnements, révélations, suppositions et j'en passe. Il était même assez étonnant lorsqu'on le connaissait suffisament bien de remarquer qu'il n'était pas sujet aux maux de tête à répétition ou bien à de fréquentes migraines moyennement violentes. Enfin, ce n'est pas cela, il n'allait pas s'en plaindre non plus !

    C'est avec un sourire amical et chaleureux qu'il répondit à la salutation de Sélène. Le petit sourire en coin que cette dernière lui offrit certainement plus par politesse qu'autre chose avait un petit côté charmant, mignon. Sourire plus regard équivalait la combinaison parfaite pour que l'esprit de Gabriel s'échappe légèrement. Mais le jeune homme restait présent physiquement et psychologiquement ! Comme expliquer, il était professeur, elle étudiante et il n'envisageait pas les choses sous un autre angle. Et qu'importe la personne cela dit ! Il lui était déjà arrivé de flirter avec l'une ou l'autre étudiante dans une soirée mais, c'est qu'il n'était pas au courant de leur statut d'élève. Déjà qu'on remettait ses capacités en doute de par son jeune âge et son physique de playboy, il ne voulait pas d'une réputation de tombeur d'étudiantes par dessus le marché. Puis, les relations frivoles, il en avait eu son compte à Oxford, du temps où il était lui-même à l'université.


    "Un peu comme vous. Je ne vous cache pas que les contrées ensoleillées de la Méditerrannée me manque particulièrement en ces périodes de grand froid !"

    Répondit-il naturellement tout en conservant son délicieux sourire. En disant cela, il imaginait déjà ce que cela pouvait faire naître dans l'esprit de son élève. A savoir, le soleil des pays chauds et arides, le souffle ardent des terres d'Egypte, le sable doré venant s'engoufré dans vos ortiels pour laisser vos pieds baigner dans un océan de chaleur et de bien être. Il n'avait aucun mal à se l'imaginer car c'est aussi à ce genre de paysage et de comparaison imagée que Gabriel pensa comme pour se réconforter. Il savait qu'il y retournerait dés que possible et, à sa façon, cela l'aidait à affronter les hivers glacials de Providence et de son université.

    "Comme nous tous mais vous avez déjà une assez bonne culture je dois dire."

    Souffla-t-il en venant prendre la chaise située en face de Sélène. De par sa réponse, cette dernière invitait subliminalement le professeur qui, de façon tout aussi subliminale, avait accepté cela sans le moindre regret, bien au contraire. Et, bien que tout aurait pu commencer de façon parfaitement normale et traditionnelle, le professeur embrayant sur le travail fourni par l'élève, il fallut compter sur ce cher Ernie qui vint mettre son petit grain de sel !

    "Sans compter que tu t'amuses souvent au coup du barman et de sa cliente je te rappelle !"

    Plaisanta Gabriel en répondant à la suite de la demoiselle à l'attention d'Ernie. Ce dernier savait parfaitement que les propos de McPherson n'avait aucunement le but de venir le blesser ou autre. Après tout, combien de fois depuis cinq années maintenant n'avait-il pas fait aller l'homme quand à ses tentatives de drague quelques fois bien ridicule auprès de certaines femmes de sa clientèle ? Un bon souvenir qui faisait partie des moments qu'il ne pouvait oublier en venant ici et dont il en gardera toujours une impression positive et amusante !

    "Dis pas de bêtises, tu sais bien que c'est toi qui me fait craquer comme jamais mon chou !"

    C'était bien gentil au serveur de vouloir jouer les cupidons pour l'élève et son professeur. Mais bon, Gabriel était là pour parler de la copie d'examen de Sélène et non pour commencer à s'épancher sur ses propres considérations sur le physique de la jeune femme. Bien évidemment qu'il la trouvait belle à croquer. Néanmoins, il ne préférait pas le dévoiler. De un, cela pourrait mettre mal à l'aise Sélène qui semblait déjà bien embarassé comme ça. Cela dit, pour son plus grand bonheur, une jeune femme entra dans le café et attira l'attention du barman qui laissa ainsi souffler notre charmant petit couple. Secrètement, il espérait ne pas blesser son élève en ayant pas répondu à la question. Cela dit, si elle voulait réellement le savoir, elle se pouvait se permettre de le demander ou bien... Peut-être le lui dira-t-il de lui-même... plus tard... Aller savoir !

    "Et bien, vous m'avez épaté une fois de plus Sélène. Votre écrit est tout simplement remarquable. J'ai tout simplement adoré la manière dont vous avez développez votre sujet. C'était fluide, digeste et agréable. Sans compter vos plusieurs citations de Christian Jacq qui s'avéraient pertinentes et bien placée dans votre texte."

    Expliqua-t-il alors calmement sans venir lacher le regard de la jeune femme. L'avantage d'être professeur dans ce genre de situation, c'est que l'on vous apprenait à ne pas être gêné ou mal à l'aise par rapport à un regard d'une tierce personne. Même si, avouons le, il ressentait une espèce de chaleur et de boule au ventre en restant avec les yeux aussi longtemps plongé dans les siens. Une sensation déstabilisante mais tellement agréable...

    "Cela dit, puisque nous sommes face à face, je voudrais que vous me parliez de vive voix de votre choix, de l'importance que vous y accorder. Et, attention, ça rentrera dans votre cotation !"

    Sourit-il. Faisait-il ça par sadisme, par torture ? Non, tout simplement qu'il était désireux de participer à d'autres témoignages de foi de son élève, de sa passion, de son amour tant pour l'archéologie que pour l'Egypte. Un échange entre passionnés, voilà ce qu'il amena par ses questionnements.
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Selene Smith

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Lun 25 Jan - 4:42



L’attirance, une notion abstraite et qui à présent semblait lui échapper totalement. Était-elle donc si dérisoire face à ce sentiment ? Peut être, oui. Pourtant ce n’était pas une notion qui lui était inconnue, elle avait peut être l’apparence d’un ange, mais ce n’était pas une sainte. Malgré ce qui pouvait rongeait son âme, elle possédait une facette très extravertie et surtout très désirable. Son statut de professeur changeait peut être les choses, ou alors étaient-ce vraiment que les choses étaient en elles-mêmes déjà différentes. Il était certain que Mr McPherson était plus que désirable, mais ce n’était pas le premier homme dans sa vie ainsi, alors pourquoi une telle réaction en chaîne dans son esprit, et dans son corps ? Rougir était un terme qui l’affectait bien peu, et pourtant c’est en sa présence qu’elle rougissait le plus et le plus vite surtout. Son visage, ses yeux, ses mains, sa voix, tout semblait lui plaire. Une affaire bien mystérieuse, et malheureusement l’histoire égyptienne ne pouvait lui indiquer la voie à suivre, elle devrait se laisser border le long du courant de la vie, et peut être un jour connaître la réponse à ses questions. A présent c’était bien un homme qui était responsable de cet échappement spirituel : Gabriel McPherson lui-même. Bien que certes, il n’était pas rare qu’elle rêvasse de l’Egypte et de ses secrets, comme ce fût le cas avant qu’il se joigne à elle. Intimement, elle était contente de le voir en face d’elle, de le retrouver à sa table, en tête à tête. Enfin, une idée qu’elle chassa rapidement de son esprit, c’était juste une sorte d’entretien pédagogique dirons-nous. Celui-ci vint donc prendre place en face d’elle, d’une démarche simple et pourtant attirant son regard malgré elle. Il conservait un sourire d’un délice envoûtant tandis qu’il faisait subtilement référence au climat chaud et aride des contrées égyptiennes. Peut être la connaissait-il un peu au final, peut être pas. Elle esquissa un léger sourire amusé tout en songeant en effet à la sensation du soleil brûlant sur sa peau, les grains de sables caressant la moindre partie du corps pour se réfugier dans les endroits les plus discrets, l’aura mystérieuse qui planait au dessus de chaque ville de cette terre antique, le savoir qui jaillissait de ses fondations, ainsi que les croyances égyptiennes donnant un autre sens à la vie.

« Si seulement ce n'était que le climat...tout me manque. »

Elle ne pût s’empêcher d’esquisser ce sourire amusé semblant cacher un brin d’innocence en voyant son cher professeur répondre ainsi à Ernie. Ils avaient une relation solide, bien que différente de la relation qu’elle entretenait elle-même avec Ernie. Elle vit avec quelle subtilité il parvint à ne pas répondre à la question d’Ernie, de toute manière, l’ignorance était parfois préférable à la connaissance. Ignorance qui ne concernait pas ses écrits. Elle ne pût s’empêcher de légèrement rougir lorsqu’il la complimenta sur son devoir. Quelle plus belle récompense que de voir une personne subjuguée dans la lecture de son devoir, dégageant donc une certaine compréhension de ses mots. Il a adoré ? Ses mots résonnèrent longuement dans son esprit, elle se sentit si fière d’elle tout à coup, et si honorée de voir qu’un professeur pense de son élève que son devoir est une bonne copie. C’était bien plus qu’elle ne méritait, qu’elle ne puisse en rêver. Néanmoins elle n’eût le loisir de rêver avec son regard droit dans le sien. Son visage était inerte, il ne semblait pas pour le moins du monde déstabilisé par cela. Ce n’était pas vraiment désagréable mais elle en savait trop peu sur cela à présent pour parvenir à en déduire quoique ce soit.

Si elle s’attendait à ça ? Non, pas réellement. Mais avait-elle vraiment le choix ? Non plus, son résultat dépendrait de sa prestation orale improvisée sur « Le rôle de la place de vérité dans la tradition égyptienne ». Elle ne répondit rien, laissant son esprit constituait un discours clair, net et digne d’une archéologue. Son oral devait être à la hauteur de ses écrits, elle ne devait pas le décevoir.

« Le monde entier admire les merveilles de l’Égypte, que ce soit les pyramides, les tombeaux, des temples, des sculptures ou des peintures. Mais la question est de savoir qui a crée ces merveilles dont la puissance spirituelle et la puissance relevant de la magie nous touche droit au cœur ? Ce n’était pas des esclaves comme on pourrait croire, mais bien des confréries avec un nombre de membres restreints étant à la fois prêtres et artisans ! Tout simplement fascinant, une microsociété sous le pouvoir direct du pharaon mêlant la puissance spirituelle aux connaissances manuelles pour réaliser des œuvres hors du temps. Une de ces confréries est la Place de Vérité, que l’on appelle aussi Set Mâat en égyptien soit le lieu où la déesse Mâat se révélait dans la rectitude, la justesse et l’harmonie de l’œuvre que des générations de serviteurs de la place de la Vérité accomplissait. Il est captivant de voir que cette microsociété, qui était implanté non loin de la Vallée de Rois, était un village fermé, possédant son propre tribunal et son propre temple. Les serviteurs de la place de Vérité avaient un statut particulier dû à l’importance de leur tâche : créer les demeures d’éternité des Pharaons dans la vallée des Rois. Des serviteurs et des prêtresses sans cesse en quête de spiritualité et de beauté. Que ce soit les maîtres d’œuvres qui parvenaient à ressentir le langage de la roche, sachant où devait se trouver la tombe de tel pharaon, les artisans qui devaient attendre un signe pour « mûrir » et créer des demeures d’éternités dont l’âme spirituelle vivait en ces lieux, ou alors les prêtresses d’Hathor qui rendait grâce tout en faisant l’éloge de la beauté, rien de plus…incroyable à mes yeux. »

Selene venait de se rendre compte qu’elle venait de faire presque tout un discours sur la Place de Vérité, mais il fallait la comprendre, c’était un sujet tout simplement fascinant dont l’histoire persistait avec les demeures d’éternité des pharaons, où l’on pouvait contempler le savoir faire de ces artisans scellés au secret de ce lieu si magique et si exceptionnel. Elle reprit légèrement son souffle tout en acceptant gracieusement quelques gorgées de chocolat chaud qui lui firent encore le plus grand bien. Elle espérait qu’il avait appréciait sa petite improvisation sur le sujet, et qu’à son tour il fasse ses preuves. Après tout, même si c’était un professeur, Selene aimait bien la compétitivité, ça la forçait à faire mieux, encore et toujours, même si face à lui elle n’avait sûrement aucune chance, elle aimait bien les défis.

Ses cheveux recouvraient légèrement son visage tandis que d’un geste simple et léger de la main elle repoussa ses mèches en arrière pour replonger son regard dans celui de son professeur. Elle ne cherchait pas à le déstabiliser ou quoique ce soit d’autre, ne sachant même pas si elle en était capable, elle souhaitait juste l’observer davantage. Après tout il était très séduisant, chose dont il était parfaitement conscient. Même si Selene ne lui parlait pas énormément, elle voyait bien son caractère avec la gente féminine en générale. Reste à savoir qui se cache réellement sous le visage de dom juan de Gabriel McPherson.


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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Mar 26 Jan - 3:49

    Le Dom Juan McPherson... Une appellation qui lui allait comme un gant et qui, pourtant, ne lui avait pas causé que du bien depuis son plus jeune âge. Tout commença à l'âge de l'adolescence. Alors qu'il entrait au collège, Gabriel était un jeune garçon semblable à tous les autres. Un petit homme encore très jeune et assez intelligent. Mais lorsque vous vous montrez trop cultivé, on vous relègue au rang d'intello. Vous êtes donc un peu la risée de la classe et le souffre douleur des grosses brutes. Ca, il le comprit rapidement et c'est pour cela qu'en dehors de sa passion récente pour l'histoire et l'archéologie, il décida de ne pas se montrer trop intelligent et d'adopter une attitude assez cool et relax avec ses amis d'école. Le tout sans compter son implication dans le sport. Oui, le sport. Etonnement, c'est ce qui permettait d'avoir la côte lorsque l'on était jeune, d'être populaire et dispensé de quelques ennuis de toute sorte. De cette manière, Gabriel apprit à développer ses connaissances avec brio tout en laissant son corps se façonner au barge des pratiques sportives et du temps. Allié à cela un visage d'ange assorti au prénom de l'archange dont il avait été affublé et vous obteniez l'image de Gabriel McPherson. Seulement, cette chose qui lui permit d'être populaire à l'école s'avéra être un certain inconvénient dés qu'il quitta le monde universitaire pour celui de l'archéologie, de la profession ! Quoi de plus logique pour des personnages généralement bedonnant ou peu charismatique de douter de la compétence d'un jeune homme aux allures de playboy qui, parfois, en connaissait plus sur le sujet que sur de vieux quadragénaires ayant passé leur vie à creuser ? Sans doute une expression de colère, de frustration face à cet être qui semblait réussir tout ce qu'il emprenait avec un succès rougissant. Une sorte de gloire qui ne l'avait jamais atteint suffisament pour qu'il en devienne arrogant. Son avantage ? Savoir qu'il n'en connaissait jamais assez et que n'importe qui pouvait être une source d'enseignement et lui en apprendre d'avantage, tant sur l'existence que sur le passé, l'antiquité, la mythologie des peuples et autres. Oui, un Dom Juan plus intellectuel que courreur de jupons. Quelle étrangéité, non ?

    Sélène s'était lancée dans un long discours représentatif de son travail. Le professeur avait voulu tester son élève, la mettre en danger en quelque sorte. Un test qui permettait à l'enseignant de voir si l'étudiante n'était pas du genre à perdre ses moyens ou à douter de ses connaissances une fois qu'on la poussait subitement à expliquer son sujet. Un test brillament réussi sur l'oeil admiratif de Gabriel. Admiratif était un mot peut-être même un peu faible ! Et pour cause, il était tout bonnement subjugué. Les propos qu'elle tint était digne de figurer dans un ouvrage d'études réalisé par un éminent savant. Elle avait un phrasé unique, particulier et passionnant. S'il avait pu la lire durant des heures, il aurait pu l'écouter pendant des jours et des semaines. Le son de sa voix, ses paroles... Sans compter toutes les vérités qu'elle cita avec justesse et précision. Une image qui le replongeait quelques années en arrière, lors de son dernier examen après ces cinq années d'études. Elle avait cette même foi et cette même ferveur que lui. Un point commun qui l'amusa d'une certaine façon et, surtout, qui le toucha d'une certaine manière, sans comprendre réellement pourquoi. Sans doute était-ce parce que cela leur permettait d'être proche tout en restant étrangement éloigné ?


    "On dit souvent que l'éloquence ne se fait pas dans les plus longs discours donc, je vais être bref !"

    Reprit-il après la longue intervention de Sélène. Il vint prendre sa copie dans une main et son stylo bille dans l'autre. Toutefois, au lieu d'y inscrire une notation quelconque, il se mit à griffoner une sorte de dessin étrange et non-identifiable pour le moment.

    "Votre écrit a été tout bonnement épatant et votre explication remarquable. Vous méritez pleinement d'être considérée comme l'une de mes meilleures élèves."

    Sourit-il avec sincérité alors que le premier signe apparut clairement tandis qu'il en réalisa un deuxième. Avec un tant soit peu d'attention, l'on pouvait remarquer un oeil aux attraits égyptiens qui signifiait tout simplement la notion de symbole dans notre langue. Gabriel pencha alors son visage sur la copie le temps de dresser l'autre signe. Il eut un petit doute pour l'occasion. Cela faisait assez longtemps qu'il n'avait plus eu l'occasion d'utiliser les hiéroglyphes, deux à trois mois pour être plus précis. Qui plus est, le dessin utilisé était l'un de ceux qu'il n'utilisait qu'assez rarement, de ce fait, sa traduction lui faisait défaut d'une certaine manière. En voilà la meilleure, il voulait féliciter Sélène en la gratifiant d'une note hieroglyphique et voilà qu'il ne se souvenait plus de ce qu'il fallait mettre. Enfin, il ne savait plus... Disons plutôt qu'il était embarassé surtout parce que ce signe avait un double sens... La félicité... Mais l'autre, alors là, impossible de remettre la main dessus ! Tant pis, il avait commencé, il devrait assumer maintenant !

    "Donc, voici votre copie d'examen ! J'espère que mon transcrit ne m'aura pas fait défaut néanmoins."

    Il tendit la feuille à son élève, le tout dans un nouveau sourire charmant, sincère et honnête. Espérons que son attention lui fasse plaisir, tout du moins, c'est qu'il espérait secrètement en tout cas. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'était Sélène, une élève mais aussi une femme peu ordinaire, différente ! Une différence qui pourrait peut-être les amener dans une relation dés plus délicates à l'avenir, ou non, allez savoir !
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Selene Smith

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Mar 26 Jan - 22:46



Son visage angélique possédait une pointe de mystère par ce regard grisâtre exprimant une certaine mélancolie. Lorsque l’on se risquait à s’y plonger, c’était une aventure périlleuse dans des eaux troubles, dans le désert ardent du Sahara, dans les contrées glaciales de la Toundra. Dès son enfance, Selene fût une petite fille très mignonne avec ses longs cheveux et son regard envoûtant qui faisait d’elle une enfant attendrissante. Beaucoup avait de la peine en sachant que ce beau petit minois ne parlait pas. Chacun à ses secrets, et son secret était scellé par ce mutisme. En grandissant, Selene fût encore l’objet de certains regards bien que cela soit plus discret. En effet, la distance qu’elle mettait entre sa personne et les autres l’empêchait d’établir une quelconque relation dont elle ne voulait pas. Elle avait acquit une beauté délicieuse et raffinée tandis que c’était un monstre qui se cachait en elle. Elle ne méritait rien. Et sûrement pas le privilège d’être comme toutes les filles de son âge. Bien sûr, avec l’âge, les dernières années folles du lycée et les aventures du campus, Selene avait de quoi écrire toute une trilogie. Malgré le mal dont elle souffrait, elle s’insérait péniblement aux activités des autres, et essayer de profiter d’une vie qui avait été engendré par le sacrifice de la vie de sa mère, pour qu’elle ne soit pas morte en vain. Même si c’était peu visible au premier abord, quand on la connaît bien, l’on sait que c’est une personne avec un grand cœur, qui aime rire, qui aime la simplicité. Simplicité se mêlant à ses passions pour rendre sa vie lumineuse, il n’y a pas d’autre mot. La relation qu’elle entretenait avec le monde égyptien était tout simplement indescriptible, un lien qui unissait son âme à ces terres où l’histoire a laissé une empreinte magnifique. Empreinte qui donnait un sens à sa vie. Et elle fût bien accueillie dans ce milieu de l’archéologie. En effet, malgré son apparence plus voué à de la mode qu’à fouiller des tombes, son regard fût plus que persuasif. On pouvait y lire aisément son amour de l’Egypte. S’y reflétait les mystères et les secrets indéchiffrables de son âme.

L’une de ses meilleures élèves. Entendre ces mots sortirent de sa bouche relevait du domaine du rêve. Selene avait toujours été brillante avec de bons résultats, pourtant ça lui fit plaisir qu’il parle d’elle ainsi. Cela lui donnait l’impression d’avoir une importance à ses yeux..Sûrement un sentiment stupide, elle n’était qu’une élève parmi tant d’autres après tout, aussi brillante soit-elle selon lui. Mais son regard fût attiré par les mouvements de sa main sur sa copie, il semblait dessiner. Dessiner des symboles. Des hiéroglyphes. Il parvint à titiller sa curiosité, c’était la première fois qu’il la notait de cette manière. Elle se souvint de ces débuts difficiles alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’années. Mais sa passion fût plus forte que le désespoir et elle parvint à apprendre les hiéroglyphes la symbolique de toute chose en Égypte. Encore une fois la vision du monde selon les Égyptiens était tout simplement magnifique à ses yeux. Le premier symbole qu’elle vît fût une esquisse d’un œil aux attraits égyptiens, la notion de symbole même. Mais le second symbole fût plus…surprenant. En effet, ce symbole-ci avait deux sens. Le premier représentant la réussite, la félicité, mais le second sens était bien différent. Il signifiait le plaisir charnel. Elle ne pût s’empêcher d’esquisser un sourire amusé, bien qu’elle soit touchée de cette petite attention qui lui fit extrêmement plaisir. C’était un peu sa seconde langue.

« Merci..Je suppose que c’est dans le sens de la réussite et non du plaisir charnel que vous avez réalisé l’esquisse de ce symbole… »

Elle s’aventurait peut être trop loin, au risque de s’y brûler légèrement les ailes. Mais elle sût dire cela avec un sourire charmeur et amusé, qui ne manquait pas de sous-entendus. Après tout ce n’était pas le fruit de son imagination, ce symbole avait réellement un sens ambigu, la félicité d’un être étant lié à ce plaisir charnel. Elle se demandait d’ailleurs si c’était un oubli de sa part, ou au contraire, une ambiguïté totalement désirée. C’était troublant de ne pas avoir de réponse à cette question.
Elle récupéra sa copie, la plia doucement en deux afin de la glisser dans son roman, afin d’éviter de la perdre. Son regard toujours dans le sien, et rien ne semblait pouvoir gâcher ce moment. Elle semblait être…ailleurs. Elle semblait suivre le sentier invisible menant à son être, non pas le professeur, mais lui, Gabriel McPherson. Elle ne savait pourquoi, elle désirait connaître tout de son histoire, partager d’autres instants aussi simples avec lui, le taquiner comme elle venait de le faire à présent, où encore revoir une novelle fois ce torse qui la fit presque fondre sur place. Elle fît de son mieux pour ne plus penser à ce moment, c’était la seule chose à faire sauf si elle souhaitait perdre tout ses moyens alors que son regard était plongé dans le sien, sans aucune envie que cela ne prenne fin.

« J’ai commencé à apprendre les hiéroglyphes à dix ans, j’ai maîtrisé ça vers mes 14 ans, et pourtant il m’arrive encore de tomber sur des énigmes, comme quoi un savoir n’est jamais réellement acquis.. »


Elle ne savait pas réellement pourquoi elle venait de lui révéler cette infime partie de son passé, peut être pour ne pas qu’il se sente gêné d’avoir oublier le sens ambiguë de ce symbole ? Elle n’en savait strictement rien, mais de toute manière c’était trop tard pour revenir en arrière, et puis ce n’était pas le pire dans sa vie, elle n’avait pas de quoi avoir honte, ce n’était qu’un élément futile et sûrement sans intérêt pour lui. Elle se sentit comme obligée de rompre se lien commençant à se former entre eux après avoir révélé ce petit fragment de sa vie. Bien qu’elle fit cela à contrecœur car elle aimait ce qu’elle pouvait lire dans son regard semblant sûr de lui et où elle parvenait à déceler un certain trouble. Et c’est à cet instant précis qu’elle réalisa qu’elle appréciait bien des choses chez lui…Assez inhabituel pour elle.

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Sam 30 Jan - 3:10

    Le premier contact est toujours le plus important. C'est lui qui est source de vos sensations, de votre ressenti. Celui qui se transmet par votre chair pour traverser la longue paroi de votre épiderme qui s'en voit alors totalement désintéressé ou bien troublé. Troublé... Oui, par le plaisir de ce contact qui nait en nous, par l'intervention d'un frisson incontrôlé qui s'évapore dans chaque parcelle de votre corps, libérant une immense source de chaleur sur son passage. Une chaleur alors nouvelle, salvatrice et pourtant si déstabilisante. Cette chaleur que vous ne ressentiez jamais jusqu'alors dans le long désert glacé de l'existence. Vous ne vous rendiez pas compte à quel point votre être était seul, abandonné, laisser aux cîmes de la solitude glacée et angoissante. Cette même solitude qui éclatait sous vos yeux sous le contact de l'être ardemment désiré sur le fil des années que composait votre vie actuelle. Une chaleur qui effaçait tout doute, toute crainte. Une force qui faisait résonner dans votre esprit :'C'est ELLE'. Elle que vous attendiez pour être heureux, elle que vous attendiez pour laisser exprimer votre coeur et vos sentiments, elle dont vous aviez besoin pour accepter d'user d'un terme si fort dont vous compreniez seulement la signification à cet instant : AIMER. Aimer sans tricher, aimer sans mentir. Aimer sans le déclarer par simple marque de respect ou d'affection, simplement pour ne pas blesser le coeur de votre partenaire. Aimer en sachant que cela ne changerait pas, que les épreuves pouvaient se dresser sur votre chemin mais que rien n'altérerait ce sentiment unique et inégalable. Voilà quelle pouvait être la force d'un simple effleurement, d'un unique toucher, aussi innocent que coupable, accidentel comme volontaire ne fut-ce que par les désirs de notre inconscient.

    Ce toucher, ou plus précisément cette caresse évasive, Gabriel la vécut en cet instant. Sous l'incidence du hasard, la situation avait voulu que les doigts de Sélène effleurèrent ceux de son professeur. Un contact que notre jeune ami ne releva en aucun cas. En apparence, il ne s'agissait que de deux mains venant se transmettre un objet l'une à l'autre, sans autre message d'une toute autre nature. Il lui remettait sa copie, elle la saisissait au creux de sa main et l'on pouvait s'arrêter là, tout comme le fit McPherson en apparence. Car dans les tréfonds de son corps, son poil s'était hérissé sous ses vêtements. Ce que l'on connaissait sous le phénomène de chair de poule s'empara entièrement de lui tout en offrant un frissonnement silencieux qui disparu avant même de prendre naissance. La douceur de sa peau l'avait transcendé. Le bout de ses doigts, la fine parcelle de ses ongles et le teint parfumé de sa peau s'enfouissait sous toute la main du jeune homme pour y laisser une empreinte marquante et durable. Un toucher unique, léger et tellement précieux dont la saveur et la richesse n'avait aucun pris. Dans une relation dont il ne pouvait imaginer l'avenir, cet acte de nature si innocente représentait le Saint Graal du bonheur et de l'intensité charnelle en cet instant. Un mythe, une légende qui naquit de manière on ne peut plus réelle et concrète. Où était l'innocence en réalité ? Où était l'innocence de ce partage si ce dernier avait un impact si fort et si intense ?

    Ajoutons à cela l'humour se mêlant à un lapsus partiellement évocateur. Votre cerveau peut-être une mine d'informations ancestrales, plus précieuses que les autres, mais cela ne l'empêchait de rester humain et de se conduire comme tel. Autrement dit, un élément corporel capable d'erreur, pouvant commettre certains ratés dont le but était de transmettre un message dont nous n'aurions eu le courage de proclamer par voix orale. Un message pour le moins direct, fort et intime et, ce, à la plus grande erreur de notre cher professeur qui se sentit pris de court. Malgré la richesse de tout son intellect, ce dernier n'avait pu retomber sur un symbole ne traduisant que la félicité et la réussite. Aveuglément, il avait laissé ses souvenirs l'emporter pour tracer un hiéroglyphe synonyme de rapports charnels sur la copie de son élève. Punition embarrassante du destin pour avoir tenter de prouver ses connaissances et se distinguer par une note si singulièrement offerte. Bien que rougissant, tel s'il avait été pris en grippe, en flagrant délit d'un acte impardonnable, Gabriel ne pu s'empêcher d'hôcher vivement de la tête tout en arborant un sourire baignant entre l'amusement et l'innocence.


    "Vous avez vu juste ! Il faut dire que je ne laisserais pas de preuves aussi criantes d'harcèlements envers le corps d'une de mes élèves si cela devait avoir lieu."

    Rétorqua-t-il sur le ton de la plaisanterie. Il n'avait beau avoir que vingt huit ans, si jamais un quelconque rapport plus qu'intime devait avoir lieu avec une élève, il ne ferait certainement pas l'erreur de lui laisser des mots sur ses copies d'examens et autres corrections. Ce genre de documents archivés étaient la porte ouverte vers une montagne d'ennuis et de culpabilité si jamais une plainte était portée à son encontre. Un cheminement amenant alors sans aucun doute possible sur une suspension de ce professeur et peut-être même un refus d'exercer la profession à l'avenir. Cela, il ne le désirait pas. Après tout, être professeur était l'une des grandes parties de sa vie, l'autre étant de parcourir le monde et les sites archéologiques qu'il renfermait. Quoiqu'il en soit, il espérait de tout coeur qu'elle continuerait de prendre cette légère erreur à la plaisanterie. Certes, elle ne pouvait le savoir mais, pour faire passer tel message, Gabriel était un peu trop direct que pour prendre son temps à s'exprimer en symbole égyptien pour cela !

    Mais cet incident eut un bon point ! Grâce à lui, McPherson pu se rendre compte que son élève avait commencé plutôt à s'intéresser aux moeurs égyptiennes, à leurs us et coutûmes. Un avoeu qui se fit sous le sourire simple et à l'écoute du professeur qui était ravi de voir un voile se lever partiellement sur le visage de mademoiselle Smith. Il n'avait aucun doute que sa passion avait du se manifester très rapidement, à un âge relativement jeune. Cela se ressentait dans sa façon de travailler en cours, d'être attentive et de réussir ses divers examens et autres devoirs. Elle avait cette faculté, disons plus communément cet avantage sur d'autres élèves d'avoir vu sa vie être bercée par ce délictueux mariage entre la soif de découverte et l'enseignement.


    "Et bien, c'est en toute franchise que je vous avoue avoir commencé plus tard que vous. J'ai commencé à étudier le langage hiéroglyphique à l'âge de mes quatorze, quinze ans.Ce fut grâce à un ancien conservateur de Musée, cousin de l'ancien professeur d'archéologie ici, que je pus apprendre et découvrir toutes ces vérités merveilleuses et enrichissantes sur la culture d'Egypte et même du monde tout entier. Je dois avouer que je lui dois beaucoup d'ailleurs !"

    Elle s'était livrée à lui, en toute simplicité, sans tricherie et sans peur alors pourquoi n'en n'aurait-il fait pareil ? Cela l'intéressait de la découvrir. Par cette simple déclaration sur elle, il avait pris conscience qu'elle l'intéressait. Elle l'intéressait, oui, mais dans quel sens exactement ? Sur l'instant, il ne pouvait répondre à cette question. Et pour cause, elle avait tout pour elle, tant cela soit pour plaire que pour éveiller des intérêts quelconque dans l'esprit et l'âme de ses interlocuteurs. Qui était elle ? Quelle était cette personne qui se cachait mystérieusement et habilement sous ce masque tendrement souriant et vous observant de ses yeux si profonds et si perçant ? Quel secret, heureux ou douloureux, pouvait dissimuler une âme naturelle mais d'une richesse enfouie dont seul l'esprit et le coeur le plus courageux qui soit détenait la clé pour éveiller tout cela à notre réalité. Gabriel était-il cet homme ? Etait-ce lui qui possédait le coeur et la clé pouvant ouvrir le sésame dissimulant l'immense trésor sommeillant secrètement aux tréfonds de Sélène Smith ? Et serait-ce elle qui percerait à jour, pour la toute première fois, tous les aspects angéliques de cet homme au prénom biblique ?
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Selene Smith

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Sam 30 Jan - 17:06



Maladroite, il n’y avait sûrement aucun autre mot pour définir Selene en ce moment même. Ce ne fût pas un geste conscient, bien qu’elle n’en éprouvait pas le moindre regret. C’était la première fois qu’elle avait un contact physique avec McPherson, et Dieu sait à quel point ce léger contact fût source de sensations plus enivrantes les unes que les autres. Quelques centièmes de secondes durant, ses doigts effleurèrent les siens, alors qu’elle récupérait sa copie d’examen. Elle n’en fit rien paraître, lui non plus d’ailleurs, il ne devait pas y attribuer beaucoup d’attention, cela arrivait souvent avec un geste si banal. Néanmoins la vérité était tout autre. Intimement, elle aurait aimé que ce banal effleurement dure encore, une réaction similaire à un aimant, sa main eût du mal à se défaire de la sienne durant un laps de temps pourtant si court. C’est tout son corps qui fût soumis aux conséquences de ce délicieux fruit du hasard. Un léger frisson lui parcourut discrètement le corps, bien qu’elle ne se l’expliquait pas. Était-ce un sentiment de gêne car il était son professeur, ou bien alors était-ce l’envie de découvrir cet homme davantage ? L’envie même de poser à nouveau sa main sur la sienne pour en explorer la perfection, l’envie incessante de plonger son regard dans le sien, l’envie de découvrir du bout des doigts l’être de Gabriel McPherson. Peut être était-ce l’explication, la vraie raison étant elle-même source d’une gêne vis-à-vis d’un homme qui était pourtant intouchable. Un homme envers qui un désir inavouable commençait à naître.

Ce geste mêlait à ce symbole ambigu rendait cet instant unique par bien des raisons, et elle appréciait beaucoup cela. Néanmoins une certaine confusion semblait obscurcir son esprit. Ce n’était pas elle, ça ne lui ressemblait pas d’être si aimable avec une personne qu’elle ne connaissait pas. Certes elle le voyait presque tous les jours en cours, mais elle ne savait pas qui il était réellement, et pourtant elle ressentait l’envie de le connaître. Et ça, ce n’était pas habituel. Elle semblait perdre le contrôle, contrôle qu’elle conservait pourtant d’une main de maître, et à présent, le sable des contrées égyptiennes semblait glisser entre ses doigts, tout comme cette maîtrise de son être, de ses pensées et de ses sensations. Qu’est-ce qui pouvait éveiller en elle des sentiments si inhabituels voir inconnus ? Une question troublante, source d’un mystère invraisemblable alors qu’elle est la détentrice de la réponse.


Irrésistible. C’est ainsi qu’elle pouvait qualifier son visage à cet instant, alors qu’il rougissait légèrement, comme s’il venait de se faire prendre en flagrant délit. Rougissement qui fût suivit d’un sourire mêlant amusement et innocence, découvrant un peu plus sa réelle personnalité. Ainsi il ne laisserait de preuve aussi peu subtile d’harcèlement envers le corps d’une élève ? Elle se doutait que ce serait un comportement insouciant, car chaque copie était soigneusement archivée, et il pourrait perdre son poste de professeur, et bien plus encore. D’ailleurs elle ne l’imaginait pas vraiment perdre de temps à écrire une telle chose en égyptien avec les femmes. Bien que de temps en temps il était bon de se laisser emporter par une vague douce et légère de romantisme. Du moins c’était quelque chose que Selene aimait bien, ça la faisait tout simplement fondre. Son cœur était sensible et fragile, bien qu’il soit inatteignable pour un grand nombre de personnes. Un cœur scellé dont la clé s’est égarée avec le temps.


« Je vois…Supposons alors que c’était juste pour voir si mes connaissances en la matière sont solides car visiblement vous êtes plus subtil en ce qui concerne l’harcèlement envers le corps d’une élève..  »

Une légère provocation tandis qu’elle conservait un sourire amusé, qui la rendait plus que craquante, il fallait l’avouer, innocence et provocation se mêlant dans un regard déjà bien malicieux et envoûtant. Provocation qui laissa place à une révélation. Elle révéla simplement et sans en prendre réellement conscience une bribe de son passé, et il en fît alors de même…Était-ce le prix à payer pour connaître Gabriel McPherson ? Se dévoiler pour qu’il se dévoile à son tour ? Il avait donc commencé son apprentissage des hiéroglyphes bien plus tard, et elle fût amusée de savoir qu’elle avait débuté cet apprentissage avant lui, comme s’il était son rival. C’était donc le cousin de son ancien professeur qui fût son initiateur ? Cet homme devait être un homme bien, son ancien professeur d’archéologie était un grand homme lui aussi. Un homme dont la vie fût marquée par ses recherches, un rêve voir un idéal pour notre jeune Londonienne.

« Peut être devrions-nous donc échanger nos places, je serais ravie de vous enseigner à mon tour les hiéroglyphes afin que vous ne commettiez plus une erreur de la sorte sur la copie d’une élève à l’avenir..  »

C’est toujours avec le même brin de malice qu’elle lui déclara cette petite phrase taquine, même si elle ne le pensait pas, après tout l’erreur est humaine, et il devait avoir son niveau voir plus dans l’écriture et la compréhension des hiéroglyphes. Quoiqu’il en soit, la situation l’amusait. Les minutes s’écoulaient face à son professeur, et pourtant elle n’avait plus cette notion du temps, elle était subjuguée par lui, son être, sa voix, ses mots. Encore une fois, elle ne savait pas pourquoi, mais quelque chose la poussa à continuer de se révéler, comme si l’envie secrète de se dévoiler à lui se faisait ressentir au fond d’elle sans qu’elle en devine l’existence.

« Sûrement un homme bien..Quant à moi c’était une égyptienne que mon père emmena après avoir vu que je m’intéressais à l’Égypte, et qui s’occupait de moi quand il n’était pas là..Elle m’enseigna les hiéroglyphes, mais aussi l’histoire, les rites, et les mœurs..  »

Là, ce fût le déclic, elle en avait trop dit. Elle n’avait mentionné que son père, et il pouvait aisément en déduire qu’à cette époque déjà elle n’avait pas de mère. Elle ne sût pourquoi mais une vague de peine commença à l’envahir et elle sentit son estomac se nouait. Elle venait de commettre une erreur, et espérer intimement qu’il ne relèverait pas ça, pas à haute voix du moins. Son sourire précédant s’effaça alors doucement, comme si tout venait de se renfermer en elle après l’intrusion de cet étranger dans son passé. C’était presque similaire à un système de sécurité, elle ne voulait pas avoir mal, pas maintenant, le passé devait rester à sa place, c’est-à-dire derrière elle. Son regard s’obscurcit légèrement tandis qu’elle semblait manquer d’oxygène tout à coup. C’était une erreur.

« Désolée, je ne sais pas pourquoi je vous dit ça, surtout vu l’intérêt futile de mon passé.  »

Elle prit délicatement son chocolat chaud entre ses mains avant de laisser son dos retomber doucement contre le dossier de son siège. La chaleur de celui-ci se propageait dans son corps, sans pour autant chasser la froideur de sa peine et de ses souvenirs. A la voir ainsi, on pouvait avoir envie de la serrer dans ses bras, la réconforter, mais c’était impossible. Mais rien n’est impossible pour Ernie. A la voir ainsi, il vint à nouveau vers eux sans qu’elle le voit, et lorsqu’il se trouva derrière elle, il passa ses bras tout autour d’elle, la faisant légèrement sursauter.

« Alalalala ma petite Selene, toujours aussi mignonne hein, ça change pas avec les années ! Tu sais McPherson, je l’ai connu dès son arrivée de Londres avec son père, un grand bonhomme d’ailleurs, et une grande richesse ! Tu lui diras Selene, s’il veut investir dans mon café, j’dirais pas non au passage ! C’était sa première année à Providence, et sa première année à l’université de Brown aussi ! Elle était coriace cette petite, m’a fallut un moment pour savoir ce qui se cachait derrière tout ça. Elle vient tout le temps ici maintenant, c’est sa seconde maison, et moi je joue le rôle de sa.. »
« Ernie ! C’est mon professeur, il est pas là pour connaître ma vie d’avant…T’as des clients qui t’attendent en plus.. »
« Ils peuvent attendre t’sais, j’suis plus tout jeune moi ! »
« Qu’est-ce que j’ai fais pour mériter ça, t’es pire qu’un gamin toi. Allez, vas-y ou tu vas avoir droit à une sacrée punition, alors si tu veux pas finir dans un sarcophage, vas-y ! »

Elle ne pouvait lui en vouloir à lui, c’était la seule personne qui semblait vraiment l’apprécier, la seule personne qui voulait son bien, qui voulait la voir heureuse. Il était ce père qu’elle n’avait pas eût, ce père qu’elle voyait bien rarement à présent d’ailleurs. Il était occupé avec son entreprise, et elle ne faisait rien pour le voir. Au moins à présent il pouvait vivre sa vie sans être enchaîné à ce boulet qu’il avait traîné pendant plus de dix-huit ans. Elle.


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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Lun 15 Fév - 9:03

    [ HJ : Encore mille pardons pour le retard ma puce et j'espère que tu auras eu mon message sur msn... Tu me manques :pliiiiize: ]

    La situation était simple, douce et légère... En apparence tout du moins car c'est une profonde et une réelle intensité qui anima le corps des deux êtres en présence. Bien sûr, c'est sagement dissimulé sous le regard de son professeur que la délicieuse Sélène se laissa envouter, au même titre que le jeune homme, par la finesse et la furtivité de ce simple toucher. Mais pouvait-on justement parler de toucher ? Dans l'absolu, l'on peut dire que oui mais, cependant, tout cela ne restait qu'un simple effleurement. Leurs peaux étaient à peine entrer en contact, ledit toucher ne fut qu'une partielle de secondes ne représentant qu'une once de poussière dans le long méandre des cheminements que pouvaient représenter minutes et heures. Un instant si court, si volatile et pourtant grâce auquel une certaine magie s'opéra. La magie de l'alchimie, la force du Destin, la puissance invisible de deux cordes brisées d'un bout à l'autre et n'étant faite que pour se compléter. Bien au delà de ce qu'il pouvait imaginer, Gabriel, ou tout du moins son inconscient, venait de trouver cette moitié ardemment cherchée et tellement désirée. Cette moitié étant la seule pouvant le complèter afin qu'il ne soit plus seul ou incomplet... Mais bel et bien un tout entier, pleinement recomposé par cette rencontre fortuite et cet attouchement aussi innocent qu'hasardeux. La puissance de leurs corps, semblable à des aimants, venait de s'activer subtilement pour lancer alors la longue descente et la lente cérémonie de rapprochements intimes que l'un et l'autre vivrait, ressentirait au point d'en vibrer si fort, d'une façon tellement intense et dont toute comparaison aurait été tout bonnement irréaliste et inutile. Oui, la richesse cachée enfouie entre le professeur et l'élève laissait apparaître ses premiers éclats pour une toute nouvelle merveille ne pouvant qu'hypnotiser et faire chavirer les deux intervenants de cette situation.

    Unicité de l'instant... Irrésistibilité de cette personne en face de vous... Trouble de votre conscience et tourment de votre âme... L'Amour ne pouvait se décider, l'Amour ne pouvait être reconnu, l'Amour avait besoin d'être cherché beaucoup plus longuement que cela pour se révéler et être la réponse à toutes ces interrogations subites, surgissant de part en part. L'Amour n'avait pas encore sa place en ce lieu, en ce moment précis. Seul son voile d'attirance l'accompagnant se laissait glisser doucement sur le sol, sous les yeux de nos deux amis, afin de déceler s'ils étaient seulement prêt à accepter les cîmes d'une vérité qui ne cesserait d'être de plus en plus criantes au fil des instants, au fil des minutes, au fil des heures et des jours... Tel un observateur sournois et malicieux, le Destin observait de son oeil curieux ce partage entre deux êtres incontrôlés et se voulant incontrôlables. Deux personnes semblant si différentes et se rejoignant pourtant sous diverses formes. Tant cela soit-il par ce feu de la passion les ardant à parcourir des contrées antiques, tant cela soit-il ce trouble partagé par un simple toucher ou encore tant soit-il par cette gêne et cet attendrissement offert et partagé en toute intimité. Rien ni personne ne pouvait gâcher cette réunion divinement savoureuse. Aucun élément indépendant de leur volonté n'avait la force nécessaire pour interrompre et faire disparaître ce voile de douceur et d'intemporalité qui les gagna secrètement. Mais, si tel était le cas, pourquoi avait-il du fauter bêtement sur son illustration ? Pourquoi devait-il commettre une ambiguité semblant presque irréparable sur l'instant, condamnant la magie à s'envoler quelque peu sous l'oeil, toujours aussi amusé, de ce Destin imprévisible et machiavélique ?

    Fort heureusement, le doux son de cette voix enchanteresse qu'était celle de Sélène sembla rapidement kidnapper une nouvelle fois l'esprit de notre charmant professeur. Sous le petit rougissement timide de son échec se dissimulait d'avantage de troubles et de sensations toutes plus fortes et plus délicieuses les unes que les autres. Doux moments de rêves, frissons ravageurs n'ayant aucune pitié pour une quelconque parcelle de votre corps, chaleur intense se développant harmonieusement dans votre bas ventre sous les rythmes accélérés d'un coeur qui ne pouvait retrouver ses pulsations routinières. Oui, incapable de voir tout ce qui se chamboulait en lui, aveugle de le ressentir, Gabriel restait spectateur de l'inégalable Sélène alors que cette dernière se lança dans une petite taquinerie qui fut judicieusement bien placée et ne pu qu'étirer d'avantage le sourire charmé et radieux de notre cher professeur.


    "Hum... Si j'étais vous, je ne tirerai pas de conclusions trop hâtives sur ce terrain. Après tout, un bon archéologue digne de ce nom se doit de tester d'éventuels futurs collaborateurs et en aucun cas dévoiler toutes ses cartes dés le premier instant..."

    Réponse souriante, alimentant ce petit jeu de répartie entre eux mais derrière laquelle se cachait toutefois un enseignement important. En effet, pour devenir archéologue, nul doute que Sélène possédait déjà bon nombre de qualités requises comme son implication dans ce domaine et sa grande culture sur cet univers les reliant tous deux : l'Egypte. Un véritable puit de science dont, sans doute même lui, aurait quelques difficultés à les mettre en défaut. Cependant, elle devait prendre cette mise en garde pour le moins au sérieux et, ce, qu'importe le ton souriant ou de légèreté emprunté. Se dévoiler trop vite pourrait lui attirer autant de la fortune que du malheur ou une quelconque malchance. Chose que, tout naturellement, il ne désirait guère et ne pouvait concevoir. Le professeur n'aurait pu délibérément laisser l'une de ses élèves, l'une de ses meilleures même, être livrée à des difficultés insurmontables ou un danger mortel sans intervenir d'une façon ou d'une autre, sans voler à son secours. Et là, ce n'était pas le professeur qui parlait mais bien le coeur du jeune homme.

    "Cela pourrait être intéressant en effet. Toutefois, je pense qu'il serait plus sage pour moi de conserver ma place de professeur moyennement doué pour bientôt arriver sur le mélange des retranscriptions hiéroglyphiques avec les symboles transcrits de l'époque babylonienne... A moins que vous soyez réellement désireuse à relever le défi ?"

    Contrairement à ce que l'on pourrait penser ou constater, la petite pique de Sélène n'avait aucunement vexé Mc Pherson. Il n'était pas du genre à se froisser pour cela, non. A vrai dire, lorsqu'on le narguait, qu'on le titillait sur l'ampleur d'une de ses connaissances, il acceptait de reconnaître son erreur mais provoquait en retour ladite personne concernée pour tester ses connaissances à elle. Une autre manière qu'avait le professeur de se faire une opinion, un jugement sur la valeur de ses élèves et sur celles de leurs acquis dans le domaine sacrée de cette science humaine. Et oui, lorsque l'on était joueur, il fallait l'assumer et l'être jusqu'au bout. C'était aussi ça l'un des fondements de la belle et bonne provocation.

    "Un homme merveilleux..."

    Souffla-t-il tout simplement sans rien ajouter tout en repensant à ce conservateur anglais. Il aurait certainement pu laisser son esprit se glisser dans une montagne de souvenirs aussi épais que disparates mais les propos de Sélène l'en empêcha. Et puis, il aurait d'autres occasions de se laisser emporter par la barge de la nostalgie pour repenser à ses jeunes années passées dans les musées en compagnie du vieil homme.

    "Je comprends mieux la force de votre intérêt et la grandeur de votre savoir dans ce cas."

    Répondit-il avec un certain enthousiasme pendant que, de son côté, Sélène sembla se décomposer. Une décomposition aux attraits inexplicables pour Gabriel. Certes, la jeune demoiselle n'avait mentionné que la présence de son père et d'une femme dans sa petite explication. Derrière cela, il ne s'était pas imaginé un seul instant de quelle nature aurait pu être la vérité de son histoire, la tragédie de son passé et la souffrance de sa venue en ce monde. Oui, une montagne de secrets obscurs entourait la demoiselle... Une montagne pour le moins bien fugace et solidement dissimulée qu ne laissait paraître que quelques unes de ses immenses parois escarpés de par la réaction de Sélène. Une réaction qui fit froncer sans attendre les sourcils de l'enseignant d'ailleurs !

    "Ne dites pas de bêtises voyons !"

    Cette fois, bien que sa voix ne se voulait pas sévère, son ton fut beaucoup plus sérieux et nettement plus impliqué.

    "Notre histoire à tous ne peut être considérée comme une futilité. D'autant plus pour nous, archéologue. La première histoire la plus importante dans notre existence, c'est la nôtre, celle que l'on a créé depuis notre arrivée sur cette terre. Qu'elle soit heureux, malheureuse, emplie de joie ou de larmes, elle représente notre plus précieux secret, notre trésor le plus riche et le plus grand que nous ne partagerons certainement jamais. Voilà pourquoi il n'est jamais futile ou indigne d'intérêt."

    En cet instant de déclamation, le professeur avait clairement refait surface. Si pendant les quelques échanges précédent, l'homme avait pris le dessus sur sa fonction, cette explication fut fournie sous la vigueur et la passion orale dont se trouvait animé tout bon professeur, tant soit-il professeur de primaire, de secondaire ou d'université. Oui, ses mots, son intonation, ses gestes de mains accompagnant son discours... Les signes ne trompait pas ! Le professeur Mc Pherson venait de prodiguer son enseignement et le verdict se rapprochant aux propos de mademoiselle Smith. Et si ce moment de déclaration aurait pu être fort et unique, il fut quelque peu briser par l'arrivée d'un Ernie toujours aussi plein d'entrain, fidèle à lui-même. Sans doute le fameux Destin mentionné toute à l'heure avait eu envie d'offrir une occasion à Sélène de glisser sur un autre sujet, de pouvoir chasser cette préoccupation de son esprit. Bien malheureusement, notre bon vieux serveur ne serait certainement pas l'homme de la situation !!!

    Sous un rire léger, voire enfantin, Gabriel assistait à cette scène partagée entre son élève et son ami. Il n'y avait pas besoin d'expliquer quoique ce soit que les liens unissant l'un et l'autre se dévoilait de lui-même. Sans s'en rendre compte, ils se chamaillaient presque comme un véritable père en contradiction avec le caractère coriace de sa fille. Une trace laissant devinée le parcours qu'avait pu connaître la ravissante Sélène... Héritière d'un homme fortuné qui se détacha de l'être lui ayant donner la vie pour se lancer seul dans le chemin des études en trouvant pour soutien un grand frère, un nouveau père, un ami fidèle et serviable, toujours présent et prêt à tout pour aider sa protégée pour quoique ce soit... Même la mettre dans l'embarra visiblement !!!


    "La connaissant comme je la connais, vaudrait mieux ne pas trop la provoquer mon petit Ernie ! Puis, si tu veux jouer les cupidons entre nous deux, pour que ça fonctionne, il vaudrait sans doute mieux éviter de surgir entre nous toutes les deux minutes, non ?"

    Lança-t-il au serveur en souriant. Il avait dit cela sur le ton de la plaisanterie, ne pouvant s'empêcher toutefois de venir reposer son regard sur celui de Sélène à la fin de ses paroles. D'une certaine façon, il était curieux de voir quelle serait la réaction de son élève et ce qu'elle penserait surtout des paroles prononcées de la sorte par son cher professeur...?
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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Lun 15 Fév - 18:00




    La confusion régnait dans son esprit tandis qu’une question semblait se distinguer à travers cette brume chaotique. Avait-elle le droit ? Le droit de tomber sous le charme de cet homme, le droit de l’apprécier et de vouloir en savoir plus, le droit de désirer effleurer du bout des doigts son épiderme, une fois encore..Un sentiment de désir qui envahissait son être tout doucement, similaire à une vague d’ivresse face à laquelle elle ne faisait pas le poids. Elle se voyait succomber à ce contact si furtif et pourtant suffisant pour éveiller ses sens. Se montrer indifférente face à la situation risquait de devenir compliquer, son regard éprouvant l’envie incessante de se poser sur lui, tandis que des pulsions commençaient à voir le jour lorsque son regard glissait furtivement vers ses lèvres ou vers son cou. Ressentir une telle chose était humain après tout, McPherson étant un très bel homme, mais tout cela lui ressemblait si peu. Pourquoi était-elle si différente avec lui ? Leur passion pour l’Egypte était-elle la réponse ? Un certain sentiment de frustration commença à l’envahir, ne pas être maître de la situation ne lui plaisait guère, elle exigeait une réponse que son cœur ne voulait lui délivrer.
    Malgré cette confusion insupportable, et en totale opposition, elle sentait un certain bien être face à lui. Cette légèreté dans sa façon d’être lui était peu familière, comme si elle s’efforçait d’être une autre personne avec les autres pour ne pas qu’on s’attache à elle. Etait-elle bien la personne qu’elle pensait être ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête, dont cette question existentielle, et cet homme était la seule cause de toute cette remise en question. C’était la première fois qu’elle se retrouvait dans pareille situation, elle était donc totalement désarmée. Comme cette enfant, désarmée face à la mort de sa mère, qui ne trouva d’autre solution que de s’enfermer dans le silence. Silence de son passé dont elle brisa le sceau face à ce jeune professeur qui ne pouvait se douter ni même imaginer quel lourd secret peser sur son cœur et ses frêles épaules.

    Taquine, provocatrice, douce et délicieuse, ce n’était pas ainsi qu’elle était d’habitude, et encore moins face à un professeur. Mais face à lui, elle ne contrôlait plus rien, la nature semblait reprendre ses droits, et semblait se jouer d’elle comme une vulgaire poupée dont le Destin tirait doucement mais habilement les ficelles. Elle ne pût s’empêcher d’esquisser un fin sourire face à la réplique de son professeur, réplique sérieuse se cachant derrière une phrase plus simple, et innocente qu’elle ne l’était en réalité.

    « Je sais bien, j’ai eût droit aux leçons d’Indiana Jones en plus des vôtres cher professeur.. »

    Ce subtil jeu entre eux continuait par cette douce réplique malicieuse. En effet, les films d’Indiana Jones avait en quelque sort berçait son enfance, comme celle du professeur, sans aucun doute. Certes, ce n’était qu’une œuvre cinématographique mais qui n’était pas si anodine dans le message qu’elle pouvait laisser transparaître. L’autodérision était de mise, face à une réalité bien plus tranchante et dangereuse, mais des déboires de Jones, l’on pouvait apprendre un grand nombre de choses.

    Dévoiler toutes ses cartes..? Ces quelques mots firent naître en elle une idée en souvenir à son passé. Cette égyptienne qui fût son initiatrice à l’Égypte ancienne durant de nombreuses années lui fournit une autre carte à son jeu. En plus de connaître l’Égypte, son histoire, ses rites, ses mythes, elle lui avait appris à lire, à ressentir l’âme se cachant sous les traits d’une personne, et cela en effleurant les traits de sa main. Et à dire vraie, l’idée de d’avoir sa main entre les siennes était irrésistible.

    « En parlant de cartes, je pourrais dévoiler les vôtres si vous le souhaitez, un autre tour que m’a enseigné cette égyptienne..Donnez moi votre main si vous souhaitez en savoir plus.. »

    Une légère provocation se dissimulait derrière cette démarche innocente. Ce n’était pas de la voyance, c’était la magie des prêtres égyptiens, possédant d’une certaine manière le troisième œil, celui permettant de voir au-delà la matière. Œil faisant référence à l’œil d’Horus, dont le détenteur avait la clé de la vérité sacrée et de la sagesse éternelle.
    Le mélange des retranscriptions hiéroglyphes avec les symboles transcrits de l’époque babylonienne ? Cela pourrait effrayer quiconque n’éprouve pas cette passion pour l’archéologie, mais pas elle. Au contraire, elle en avait presque l’eau à la bouche. Selene était joueuse, et elle allait toujours au bout des choses. Elle n’était pas effrayée par ce défi, bien au contraire. Certes, elle était loin d’avoir les connaissances requises sur ce sujet par rapport à McPherson, mais elle était une excellente joueuse de poker, en plus de savoir miser gros, le bluff était sa tasse de thé quotidienne.

    « Ne soyez pas modeste, nous savons très bien que vous êtes plus qu’un professeur moyennement doué…Et je serais désireuse de relever le défi, j’aime montrer à la concurrence ce dont je suis capable, et je ne dis jamais non lorsque l’on me défi.. »

    L’apparence d’un ange mais sans doute pas grand-chose d’angélique car en plus d’être fière, têtue et joueuse, elle savait se montrer diablement douée et cela avec une pointe de sournoiserie lorsque l’on se risquait à effleurer sa fierté. A présent ce n’était pas le cas, mais sa dignité ne pouvait refuser un tel défi, même si celui-ci était trop haut pour elle, vis-à-vis de son niveau d’étudiante, mais elle ne pouvait renoncer face à McPherson, après tout, elle n’était pas l’une des meilleures élèves pour rien n’est-ce pas ? Refuser un tel défi serait indigne d’elle. Et puis que serait la vie sans prise de risque ? C’était l’excitation de son futur métier, l’adrénaline qu’elle aimait ressentir, un métier dont la passion se vivait au jour le jour.

    Un court instant, il sembla être nostalgique d’un passé qu’il ne pouvait se résoudre à oublier, tandis qu’elle lui confia la source de son savoir actuel. Une révélation qu’elle ne formula pas correctement et qui venait de la mettre mal-à-l’aise, triste, malheureusement. C’était comme si le passé venait de ressurgir pour la frapper de plein fouet et la faire revenir à la réalité, avait-elle oublié que s’était de sa faute ? Bien sûr que non, elle non plus ne pouvait oublier son passé. Quant à la réaction de son professeur, elle ne s’y attendait guère. Elle fût légèrement brutale, lui rappelant de mauvais souvenirs de son enfance. Enfermée dans le mutisme, elle se souvenait de son père qui quelque fois ne supportait plus ce silence. Il lui prenait les bras pour la secouer doucement, puis plus brutalement afin qu’elle parle, mais ce fût toujours en vain. Un léger voile humide recouvrit ses iris tandis qu’à l’inverse de son père, il s’appliquait à lui faire comprendre une notion importante. Une notion qu’elle connaissait en tant qu’archéologue, mais qu’elle ne s’appliquait pas à elle-même.


    « Mon histoire est vaine..j’aurais aimé quelle soit toute autre. Elle ne constitue en rien mon secret le plus précieux ou mon trésor le plus grand, seule l’Egypte est tout cela à la fois pour moi. »

    Si pendant quelques instants ce fût le professeur qui domina l’homme, ce fût la petite fille blessée qui domina la jeune femme tourmentée. Mais celle-ci n’eût pas vraiment le temps de se remettre de ses émotions qu’Ernie revint à la charge dès qu’il la vit entrer dans cet état. Un état qui n’était ni bon pour elle, ni bon pour sa relation avec McPherson. Relation qu’Ernie voulait à tout prix voir s’épanouir. Néanmoins, après un dialogue bien habituel entre la jeune femme et ce cher Ernie, il se détacha doucement d’elle, avec la délicatesse d’un père, tandis qu’ils perçurent tout deux la réplique malicieuse de Gabriel. « Cupidon », « pour que ça fonctionne », « nous », était-ce bien réel, le pensait-il vraiment ? Elle ne pût s’empêcher de rougir à l’instant même où il prononça cette phrase. Si Cupidon existait vraiment, peut être venait-il de la toucher en plein cœur. Elle se mordillait légèrement la lèvre inférieure tandis que son regard semblait chercher une porte de sortie, à l’inverse d’Ernie qui semblait tout à fait satisfait et pas gêner pour un sou.


    « Je ne serais pas intervenu si tu t’y étais mieux pris McPherson, t’as des progrès à faire mon petit, c’est moi qui te le dis ! Alors dis moi merci, j’viens de remettre le processus en route.. »

    Selene esquissa un sourire amusé face à cette réplique sournoise à l’adresse de McPherson. Ernie sous-entendait brillamment que celui-ci ne savait pas vraiment bien s’y prendre avec les femmes, et qu’il venait de commettre une erreur avec Selene. Ce n’était pas tout à fait exact vu qu’elle était la responsable de cette erreur mais cela la fit quand même sourire. Peut être que ça le pousserait à prouver le contraire ? Elle l’espérait secrètement. Ernie s’éclipsa sur cette réplique bien digne de lui laissant à nouveau cet enseignant et son élève en tête à tête..

    « Vous prétendez me connaître, et vous dites à Ernie de ne pas trop me provoquer, mais pourtant c’est bien ce que vous faites depuis le début de notre agréable conversation cher professeur..Vous pourriez perdre quelques plumes, et qui sait, peut être recevoir une flèche en plein cœur..  »


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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Mer 17 Mar - 22:17

    L'incertitude était une force se matérialisant parfois sous la forme d'un fléau dés plus déstabilisant. Gabriel était un homme qui savait gérer son existence. Il avançait, jour après jour, avec confiance et certitude en ne redoutant jamais le chemin qui serait le sien. Il maîtrisait ce qui lui arrivait, ce qu'il ressentait. Il savait à même titre ce qu'il pouvait désirer, ce qu'il voulait posséder et de quelle façon il parviendrait à acquérir cette quelconque possession. De par une main de maître, il ne se laissait jamais troubler par des sentiments, aussi délicieux que néfastes, son esprit se voulait cartésien au point de n'offrir aucune place à la passion ou à la folie, exceptée celle pouvant la gagner une fois qu'il était sur le terrain, au coeur des ruines, au milieu des fouilles. Rien ne pouvait percer l'armure de pierre de ce géant dressant sa route sans jamais se retourner. Mais ladite armure venait d'être éffritée, la pierre s'était transformé en un argile des plus branlant, prêt à se rompre et à se briser en mille éclats. Dans un souffle majestueux, la présence et la voix de son étudiante le faisait trébucher en arrière pour tomber dans les méandres obscures d'une incertitude. Incertitude de ce qu'il se passait entre eux, de ce que pouvait dissimuler cette simple conversation, du message inconscient pouvant s'échanger entre leurs esprits arrivant, sans aucun doute, à se joindre avec beaucoup plus d'aisance que nos deux jeunes amis soumis aux soubresauts de la gêne et du trouble virevoltant. Gabriel s'en sentit encore d'avantage égaré du fait de n'avoir jamais connu cela mais, étrangement, cette perdition lui était soyeuse et savoureuse. Il ne voulait pas la fuir, ni la rompre... Il voulait la vivre et en profiter à chaque seconde s'écoulant entre eux.

    Sous le brin de la provocation, mademoiselle Smith semblait parfaitement dissimulée l'ampleur de sa gêne et de son trouble. Une certaine forme d'insolence incontrôlée et respectueuse que notre professeur ne pouvait qu'apprécier, y laissant son sourire s'en étirer, s'en exprimer d'avantage. Le nuage de mystère obscurcissant leurs intentions communes était bercé des rayonnements de l'amusement et de la chamaillerie amicale. Retrouver son sourire l'aidait à ne plus songer, à ne plus penser. De par ce simple rictus se tissant légèrement, il passait au delà du trouble et de la gêne, n'hésitant plus de redevenir soi-même, d'être vrai et naturel face à son élève. Oui, Gabriel ne jouait pas, ne trichait pas. C'est son véritable visage qui s'affichait sans pudeur aux yeux de la ravissante Sélène. Un visage brut, adoucit par les traits du charme et de cette sociabilité étant sienne. Une face par laquelle l'on redécouvrait l'adolescent joueur qu'il était toujours resté allié à la sagesse de l'expérience et de ce métier fait sien depuis plusieurs années maintenant. Enveloppe parfaite ? Apparence angélique ? Etait-ce ce mélange d'apparitions et de ressentiments qu'il pouvait inspiré se voyant être la source des qualificatifs qu'on lui prêtait ? Rien n'en n'était moins sûr...

    Indiana Jones ! Origine de la passion du jeune homme, comédie fantastique au message fort, puissant et, ce, bien plus qu'il ne pouvait y paraître. Après tout, un film quelconque pouvait-il inspiré un amour aussi intense pour une quelconque profession ? Ces simples longs métrages au charme absent possédaient-ils ce pouvoir insinuant en notre être la flamme d'un brasier incessant et guidant votre destinée à jamais ? Non, sous l'aspect d'une agréable et délicieuse fiction, ce monument cinématographique s'avérait être plus qu'un simple divertissement de deux longues heures. Bien évidemment, certains détracteurs s'amuseraient continuellement à descendre cette réalisation mais Gabriel n'en fera jamais partie. Agir de la sorte serait contraire à ce qu'il était, contraire à ses valeurs et ce à quoi il avait consacré sa vie. Inconsciemment, rejetté ainsi l'archéologie de son être et de son univers. Plutôt mourir que de faire cela ! Telle était la place de Gabriel McPherson sur ce point précis. Quoiqu'il en soit, ce fut avec un sourire relativement amusé qu'il accueillit la réplique de sa jeune élève.


    "Prenez garde car, je crains que l'élève que je suis à dépasser le maître qu'il est..."

    Plaisanta-t-il de bon coeur. Il était encore loin d'arriver à la cheville de cet héros archéologique imaginaire, il le savait. Toutefois, cette réplique était sortie toute seule, de façon on ne peut plus naturelle et, cela va sans dire, se mariait parfaitement au ton de leur conversation présente. Innocence, rire, surjeu et taquinerie... Les éléments propices au charme et à la séduction, non ?

    "Cela serait assez tentant mais, je ne savais point que vous ayez également le rôle de diseuse de bonne aventure..."

    Rétorqua-t-il en souriant. Son but n'était nullement de la vexer mais juste de prolonger cette taquinerie dont il ne savait même plus qui en était à l'origine, chose important peu finalement d'ailleurs. Toutefois, cette proposition était judicieusement utilisée. La savoir initiée aux savoirs égyptiens par une femme originaire du pays des Pharaons permettait alors de constater que mêmes les us et coutûmes de cet état désertique lui fut transmis. L'art divinatoire des égyptiens se réalisaient et s'élevaient de bien des façons. La lecture des mains n'était qu'un rituel parmis tant d'autres autour duquel gravitait bien d'autres sorcelleries et prières en tout genre. Un mysticisme présent dans cette civilisation au même titre que les peuples hispanniques ou germaniques, cherchant à comprendre un univers mystérieux par l'art de divinations aussi diverses et variées, dont l'unique richesse ne se trouvait plus qu'au creux du bassin méditerrannéen aujourd'hui. Les terres scandinaves semblaient bien éloignées de leurs anciens rites prêtant gloire et respect à des Dieux tels que Thor ou Odin, à l'inverse de certaines peuplades grecques et égyptiennes vivant toujours parmi le poids des légendes et la fascination de l'intangibilité de leurs Dieux suprêmes. Oui, nul doute que l'initiation de Sélène avait du flirter avec ce monde spirituel et ne se borner en aucune façon au simple apprentissage d'une langue ou de ses symboles. Raison pour laquelle elle ne cessait d'alimenter la curiosité et l'intérêt de son professeur. Le catalyseur d'une fascination s'étendant bien au delà du savoir de l'étudiante en réalité...

    N'en rajoutant aucune autre parole, il laissa le sujet de la diviniation et de la lecture des mains en suspend pour retomber sur cette proposition tentante du défi et du jeu. Ce qu'il venait de faire, c'était de tendre une perche à Sélène pour décéler la véritable intensité de sa passion ainsi que son goût pour le risque. Que l'on soit un puit de science ou non dans le domaine, seuls les véritables archéologues, ou apprentis, étaient prêt à tout pour grandir leur savoir et ne laisser aucune vérité et aucune richesse culturelle leur échappait. Oui, elle devait être comme cela, il le ressentait... Ou peut-être l'espérait pour sentir le plaisir d'imaginer une certaine ressemblance entre eux, ne pouvant que favoriser un quelconque rapprochement. Certitude ou illusion ? Il ne pouvait y répondre, il ne pouvait y trouver la vérité éclaircissant ce problème. Néanmoins, de par ce test, il n'y aurait plus de suppositions mais bel et bien une déclaration directe et tranchée ! Une déclaration qui ne tarda pas à se dévoiler et qui vint ravir le coeur, alors enthousiaste, de notre professeur d'archéologie.


    "Dans ce cas, je compte sur vous pour vous y mettre dés ce soir, me montrer tout ce dont vous êtes capables. Bien évidemment, j'augmenterai quelque peu la difficulté en vous remettant demain une demi douzaine de copies de parchemins que je vous demanderai de traduire par vous mêmes. Je verrai alors si vous méritez ce statut de meilleure élève !"

    Oui, sa meilleure élève... Et lorsqu'il venait ainsi le dire face à elle, il le pensait sincèrement. Certes, il arrivait que Sélène soit la deuxième ou la troisième dans le classement général mais, les points ne représentaient pas tout, pas pour notre professeur en tout cas. Derrière cela devait se trouver la passion, la foi, l'ardeur, l'envie de découvertes. Sélène en était l'exemple, son exemple par excellence, un petit puit de science qui aurait pu répondre à la perfection à tous les critères d'une assistante tout comme il l'avait été par le passé. D'ailleurs, peut-être suivrait-elle ses traces ou bien un chemin similaire ? Pourquoi ne parcoureraient-ils même pas un chemin commun, ensemble, allant au delà du stade du professeur et de l'étudiante, main dans la main sur la route de la découverte ? Non, Gabriel ne pouvait penser à cela, Gabriel ne pouvait la considérer de la sorte. Faire cela pourrait le briser... Ou la briser... Gâcher l'avenir de l'un deux de façon involontaire, privant alors cette science humaine de deux génies éclairés et passionnés. Sans oublier la morale... La morale de cette société qui ne pouvait admettre que les deux jeunes gens soient réunis de façon bien plus intime même si, malgré toutes ses convictions, McPherson devait s'avouer en ressentir l'envie avec une intensité grandissante et fulgurante...

    Au coeur de cela, un petit nuage, une nouvelle obscurité qui vint peser sur les frêles épaules de Sélène. A son insu, elle s'était dévoilée et, sans le vouloir, Gabriel se retrouvait la source d'une nouvelle douleur, d'un nouveau chagrin, d'un passé troublé, d'un passé de souffrance dont il ne pouvait avoir conscience. En essayant tout simplement de lui faire accepter son histoire à elle, il réouvrait les blessures d'une tragédie ensevlie partiellement, dont le moindre mot possédait la force de remettre ce site douloureux à jour. Comment se sentir mal, comment se sentir stupide et surtout maladroit... Il devinait, il tentait d'envisager son étudiante, de la comprendre et de la cerner. Si seulement la douleur n'avait pas été la compagne résonnante de cette tentative... Mais n'était-ce pas par les blessures alimentant notre âme que l'on apprenait à nous connaître réellement ? La réponse était négative du point de vue d'Ernie qui ne put s'empêcher de revenir et d'intervenir en plein milieu de ce petit couple hors norme. Avec sourire et bonne humeur, Gabriel tenta de le remettre à sa place gentiment, lui faisant alors aussitôt comprendre que jouer les cupidons ne serviraient à rien pour qu'une chose possible entre elle et lui voit le jour. Ces paroles, aussi ambigue soient-elles se voulèrent sincères, profondément réelles. Entendez par là que l'homme venait de prendre le dessus sur le professeur et, qu'aussitôt, qu'un lien plus intime se tisse entre eux semblait dés plus acceptable, voire des plus désirables. Car, si le professeur tentait de lutter contre l'attirance, l'être humain sommeillant en lui ne voulait pas se limiter à ce simple café partagé...

    Laissant Ernie repartir en hochant la tête de droite à gauche, l'air de dire qu'il n'était vraiment pas croyable, Gabriel vint reposer son regard avec douceur et néanmoins intensité dans celui de son élève, découvrant avec délice les propos abandonnant ses lèvres. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle savait être joueuse et taquine. Plus elle faisait preuve de cet art, plus notre professeur la trouvait douée en ce domaine et plus il succombait à son charme, dissimulant une énième fois la rougeur de ses joues et le trouble ressenti en lui par l'intermédiaire de son délicieux sourire.


    "Et bien, je vais prendre le risque dans ce cas !"

    Proclama-t-il en se relevant, venant soulever sa chaise pour la déposer face à Sélène et s'asseoir juste à ses côtés. Il risquait de perdre des plumes et de se voir toucher en plein coeur par la flèche de l'amour ? Si c'était le cas, peut-être le saurait-elle... Peut-être le découvrirait-elle... Peut-être le lirait-elle au creux de sa main...

    "Je vous offre la possibilité d'y trouver la réponse en lisant en moi..."

    Dit-il avec douceur, une fois assis devant elle, leurs corps dangereusement rapproché, ayant passé au delà de l'obstacle qu'avait pu représenté cette table jusqu'à présent. Ses iris intenses dévorant ceux de la belle, il tendit délicatement sa main vers elle, livrant le contact de son corps et de son âme en toute connaissance de cause. Consciemment ou non, son âme approuvait d'être mise à jour sous l'oeil d'Horus, sous le regard de la révélation et de la vérité. Trouverait-elle ce trouble, mettrait-elle à jour cette incertitude ressentie à son égard ? Y remarquerait-elle ce trésor qu'elle cherchait sans vouloir se l'avouer ?
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Selene Smith

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MessageSujet: Re: Quand l'Egypte s'invite {Sélène   Jeu 18 Mar - 23:33

    Ses yeux. Sa bouche. Sa peau. Sa voix. Pourquoi tout cela semblait inexorablement l’attirer en ce moment même ? Ce désir si incontrôlable, cette douce frénésie qui commençait à faire écho dans son corps par le biais d’un doux murmure. Elle éprouvait l’envie inavouable de laisser sa main effleurer son visage, découvrir les traits de cet homme si atypique partageant la même passion qu’elle, et peut être..Non, ce n’était pas envisageable. Quelle confusion dans son esprit pour un si léger contact, qui s’inscrivait dans une dialogue des plus amusants entre un professeur et son élève. Pourtant, cela n’était qu’un reflet erroné d’une réalité tout autre, de secrets commençant à naître de façon spontanée au fil des mots, des sourires, des regards. Ce n’était pas un mystère antique, mais bien un des plus grands mystères de la vie. Le cœur. Elle, qui savait pourtant être maître de sa vie à présent, franchissant les obstacles les uns après les autres, sachant parfaitement ce qu’elle pouvait désirer et de quoi elle était capable, semblait perdre ses moyens comme par enchantement. Néanmoins, et par chance sans doute, elle parvenait avec habileté à cacher cette vague de désirs, d’envies et de sentiments plus confus les uns que les autres. Une douce insolence découlait de ses mots si bien maniés, des tournures de ces phrases et de ses desseins réels.

    La gêne se mêlait au reste, ne renforçant que davantage ce trouble déjà si profond. Selene était une personne avec de la morale, et ce qui commençait à l’envahir à présent était tout sauf bien. Ressentir ce sentiment qui pouvait lui être si étranger pour un professeur, c’était l’exemple parfait d’une contradiction dans toute sa beauté, cela semblait prohiber. Sentiment qui tourmenta bien souvent notre belle blonde, plus que ce qu’elle semble le croire, car c’est celui dont elle n’avouera jamais la nature. Il ne faut jamais dire jamais, cependant. Il était le professeur, elle était l’élève, il était l’expérience, la sagesse et le savoir, elle était l’insouciance, l’inexpérience, la joueuse. Son histoire, sa vie, donnait à Selene ce côté rebelle qui parfois lui valait bien des ennuis, mais elle voulait vivre sa vie comme elle le souhaitait. A présent, elle façonnait son présent et son futur à sa façon, à défaut de pouvoir réparer le passé aussi habilement. Le passé l’empêcherait-elle de voir cet être qui semblait être tout aussi bon qu’elle au bluff ?

    Si notre cher Gabriel était un fan inconditionnel d’Indiana Jones, bien que Selene partage cette amour pour cette saga, son cœur penchait aussi pour les nombreux livres d’un auteur ancré dans l’histoire Égyptienne : Christian Jacq. Un homme. Un rêve. Il était tellement pour elle. Ce fût dans ses livres qu’elle se plongea étant jeune. Ce fût l’homme qui anima cette flamme en elle, une flamme qui fit revivre son cœur, et qui fit étinceler son corps de milles feux. Une flamme qui pouvait jaillir à nouveau dans son regard au contact de cette passion si intense et ravageuse pour l’Egypte. Mais revenons-en à notre cher Indiana Jones. Ainsi l’élève avait dépassé le maître ? Elle esquissa un sourire, bien que cette réponse pouvait cacher un grand nombre de réponses. Si Indiana Jones était connu comme un archéologue, on n’oubliait tout du moins pas les jeunes femmes qui pouvaient l’accompagner dans son récit, à la manière d’un James Bond aventurier.

« Je serais curieuse de voir ça.. »
    Ce fût peut être un élan de fierté ou d’orgueil masculin qui le propulsa non plus au statut d’élève, mais à celui de maître, mais peu importe, l’important n’était pas là. Elle répondit ainsi sur le ton dominant cette conversation dès son départ, ne pouvant se détacher de celui-ci.

« Je suis pleine de surprises Mr McPherson.. »
    Légère invitation à la découverte bien cachée par un ton amusé et envoûtant. Oui, cette femme lui avait appris bien des choses. Pas seulement l’histoire, l’écriture, mais les secrets les mieux enfouis dans la tradition égyptienne. Sa volonté, quand elle était plus jeune, était de pouvoir s’identifier à une véritable Égyptienne, connaître la vie de ces personnes, leurs rites, leurs croyances, se mettre dans la peau de ces personnages célèbres qui l’envoûtaient complètement. Combien de fois avait-elle rêvé de vivre à l’époque de Cléopâtre, effleurer la dynastie de Toutankhamon, la source même de l’Egypte la laissait rêveuse. Ainsi apprendre et découvrir l’œil d’Horus, la spiritualité de cette croyance, la magie « pure » qui s’en découlait, rien de plus merveilleux que de savourer tout ceci, et surtout d’y croire. Les croyances égyptiennes n’étaient pas le fruit du hasard où d’un hérétique qui se fit construire une dynastie, c’était bien plus que cela. Le sang des Égyptiens était marqué de leur incroyable histoire.

    Sa passion ne pouvait être sujet à un quelconque doute. Elle était tout simplement prête à tout pour acquérir le savoir qui lui faisait défaut, mais aussi pour découvrir toutes ces choses si fascinantes, si passionnantes, si significatives. Le simple fait d’en parler pourrait la laisser sans voix, il y a tellement de choses à dire sur l’Egypte. De simples mots ne pouvaient recouvrir une Terre si riche, une histoire si grande, une culture si extraordinaire, et qui était-elle pour souillée la beauté de cette contrée ancienne ?

« Un jeu d’enfant, vous ne serez pas déçu.. »
    Un sourire amusé vint s’esquisser sur ses lèvres Du bluff, bien sûr. Elle n’était pas assez prétentieuse pour penser tout réussir, et encore moins n’éprouver aucune difficulté face à ce grand et long travail. Elle savait que ça serait difficile, mais elle ferait tout pour y arriver. Essayer ne faisait pas parti de son vocabulaire. « Faire » et croire en son travail. Elle n’était pas toujours première, elle avait tout de même des collègues assez brillants, mais cela ne l’inquiétait pas, ils ne méritaient pas plus qu’elle de briller dans l’avenir, et son avenir à elle serait lumineux. Elle le savait. Elle ferait tout pour. Elle ne comptait pas attendre qu’on lui donne une chance, elle prendrait sa chance lorsque celle-ci se présenterai, prenant des risques, peut être quitte à tout perdre, mais pouvant tout gagner aussi. Peut être voulait-elle une vie aussi fulgurante, imprévisible et insouciante qu’Indiana Jones, mais à sa sauce. Elle voulait « vivre » sa vie, une vie imprégnée par l’Egypte, une vie qui serait tournée vers celle-ci, comme une quête éternelle et peut être la réponse à la toute fin.

    Prendre le risque ? Ses mots firent échos en elle. Une réponse pour le moins surprenante. Elle ne pût empêcher ses joues de rougir, et un sourire amusé cachant sa timidité apparaître sur son visage. Et ce fût pire quand elle le vit venir si près d’elle. Cette proximité soudaine…Tout semblait lui échappait à présent. Ses yeux..Ils semblaient la dévorer. Peut être n’était-ce qu’une impression. Elle se remit très rapidement de ses émotions, ce n’était pas le moment pour divaguer. C’est alors qu’il lui tendit sa main. Timidement, elle avança ses mains vers la sienne, tandis que son cœur semblait tout doucement s’emballer dans sa poitrine. Délicatement elle posa le dos de sa main, sur le creux de sa main gauche, tandis qu’avec douceur, elle commença à effleurer les traits de sa peau du bout des doigts de la main droite. Sa peau, sa main, c’était tout juste exquis. Une main divine dans laquelle elle avait envie d’y glisser ses doigts. Ses traits masculins semblaient l’enchanter, et il était dur de se concentrer. Pour y parvenir, elle ferma doucement les yeux, et respira calmement, tout en glissant ses doigts sur sa peau. Mais la sensation qui commença à l’envahir était plus que troublante, elle avait l’impression de le sentir en elle, au sein de son âme, voir au sein de son cœur.

« Vous semblez confus..Un élément perturbateur auquel vous ne vous attendiez pas vous entraîne dans des eaux mystérieuses, et vous avez peur..Ce qui contraste avec un certain sentiment de…plénitude je dirais. Si vous tentez le coup, vous serez surpris de ce que vous apprendrez..»
    La tâche devenait de plus en plus dur. Sentir son souffle contre sa peau, sentir sa présence si près d’elle, avoir sa main entre les siennes…Même le diable ne pouvait être aussi cruel. De ses doigts elle caressait doucement sa main, suivant ses différents traits avec gourmandise. Elle savourait ce contact sans vraiment le montrer, ce qui pouvait fausser ses dires par ailleurs.

« Une lumière guide vos pas dans les contrées ensablées de l’Egypte, mais des sentiers sont bien plus sombres et difficiles à conquérir…Néanmoins, le jeu en vaut toujours la chandelle..Car vos rêves, qu’ils soient morales ou pas, sont tous à votre portée, à vous d’en décider..mais vous ne serez pas seul face à ça.  »
    Soudain ce fut comme un éclair qui venait de s’abattre sur elle. La situation venait de se renverser. Au même moment, elle sentit sa main prisonnière de celle de Gabriel, alors que son pouce caressait doucement sa peau. Elle ouvrit à nouveau ses yeux, qui se posèrent instantanément sur Gabriel. Son souffle se mêlait au sien comme par magie, cet instant semblait être l’étincelle dont rêvait Ernie, et pourtant sa réaction ne se fit pas attendre. Elle avait peur. Non pas de lui mais de ce qu’elle ressentait en sa présence, ce n’était pas « normal ». N’importe quelle autre femme se serait sûrement avancée vers lui pour l’embrasser, mais pas Selene. Elle se retira rapidement, et pas très silencieusement, pour reculer jusqu’au comptoir, tout en continuant de le regarder. Lorsque son dos entra en collision sur celui-ci elle se retourna, et murmura des choses incompréhensibles. C’était impossible. C’est alors qu’elle vit Ernie passer près d’elle avec une cigarette au bec. Aussi habilement qu’un serpent, elle s’empara de sa clope pour la porter à sa bouche. Elle s’en tira une. Putain, ça faisait du bien. Ernie lui reprit immédiatement la clope de la bouche, elle s’y attendait très bien d’ailleurs.

« J’peux savoir ce que tu fais là, tu sais très bien que j’veux pas que tu touches à cette merde ! »
« Toi, t’as le droit de fumer, et pas moi ? »
« Exactement ! T’es jeune encore, te gâches pas la vie avec ça.  »
« N’empêche que ça fait du bien.. »
    Il remit sa clope à la bouche, et la laissa en plan, au comptoir, c’était pas la peine d’insister. Du moins, c’était ce qu’elle croyait, mais la réalité était toute autre. C’était le fait que McPherson s’avance vers elle qui fit que Ernie la laissa ainsi sans rien n’ajouter à cette réponse si malheureuse.
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