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 ~ the words get confused and the conversation dies. [sienna]

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Analeigh Evans

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ETUDES : Suédois et littérature anglaise.
Féminin
● INSCRIPTION : 23/01/2010
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● ÂGE : 44
● PHRASE DU JOUR : Quand j’étais petit j’avais peur du monstre qui viendrait me manger, c’est pour ça que j’aimais bien avoir un copain qui dorme à la maison, non pas pour qu’il me protège mais pour que le monstre le mange en premier et que j’ai le temps de me barrer.
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MessageSujet: ~ the words get confused and the conversation dies. [sienna]   Mer 3 Mar - 23:59

Comme tous les midis, seul mon sac me tiendrait compagnie à la table où je m'étais installée. Ce qui ne me gênait pas en soi ; il avait certes peu de conversation, ce qui me permettait de déjeuner à mon aise sans réfléchir à des formulations intelligentes ou même à des sujets de conversations adaptés. Je jetais systématiquement mon dévolu sur cette petite table, toute en rondeur, bien dissimulée dans l'obscurité relative d'un des coins de la pièce. C'était le poste d'observation par excellence ; je voyais à peu près tout le monde, mais personne ne me voyait. Comme à l'accoutumée. Un peu dubitative, je soulève le sachet que m'avait remis le cuisinier, pour découvrir en dessous un hamburger au curry. Malgré mon scepticisme, je m'empresse de l'en retirer et de m'en emparer avidement ; la première bouchée était plutôt prometteuse ; il fallait être honnête, j'avais vu bien pire.

Tout en mangeant, je jette un coup d'œil circulaire, embrassant la salle du regard presque machinalement. Je me perds aussitôt dans mes pensées, mes rêveries, et je ne tarde pas à me replonger dans le passé, comme bien souvent. Voir tous ces gens, toutes ses bandes bien formées et bien fermées, ça me ramène en arrière, deux~trois ans en arrière, quand ma vie était toute autre. Et parfois, je me surprends à ressentir une once de nostalgique poindre en moi dans ces moments emprunts de réminiscences et de souvenirs ; ça me manque tout ça bordel. J'aimerais pouvoir retourner à cette époque, à l'époque où je souriais en permanence, on aurait presque pu croire que j'avais les zygomatiques coincées. L'époque où j'écoutais Hilary Duff. L'époque où j'avais de la tapisserie fleurie dans ma chambre. L'époque où je dormais encore avec des peluches. L'époque où avec mes amies nous rigolions toutes ensembles en discutant potins, affalées sur le lit de l'une ou l'autre, avec ces prétendus masques de beauté que nous affectionnons tant. L'époque où mes plus grands soucis se résumaient à des détails banals, du style est-ce que mon petit ami et moi resterions ensemble jusqu'à la Saint-Valentin, et si oui qu'allais-je lui offrir comme cadeau ? Est-ce que je parviendrais à terminer ma dissertation pour le lendemain ? Est-ce que je serais débarrassée de ce vilain bouton d'ici la soirée de samedi ? Qu'allais-je mettre demain ? A présent, toutes ces petites questions peu existentielles avaient disparu de mon quotidien, qui était gouverné par des interrogations plus terre-à-terre, plus proches des préoccupations qu'on peut avoir quant il est question de survie.

Je suis brusquement tirée de mes rêveries par un éclat de rire cristallin qui m'agresse violemment les tympans ; le style de rire qui trahit plus une envie de se faire remarquer qu'un besoin primaire de communiquer son hilarité. Aussitôt, je me figure qu'il est possible que je sois le sujet des plaisanteries qui ont valu un tel éclat de voix ; peut-être que ce type là bas, grand et musclé -probablement quelqu'un qui pratique le football américain ou toute autre activité du même acabit nécessitant une capacité à faire abstraction de ces cellules grises très impressionnante- a raconté une blague à mon sujet à sa blondasse de copine, je l'ai vu lui donner un coup de coude, je jurerais l'avoir vu regarder dans ma direction ; c'est si facile pour eux. J'aimerais avoir une ouïe surnaturelle, ça me rassurerait peut-être. Ou pas. Cela pourrait tout à fait empirer les choses. Mais j'imagine toujours les pires scénarii, et j'aimerais parfois être fixée en ce qui concerne toutes mes crises de paranoïa. Mais était-ce réellement de la paranoïa ? Le regard fuyant, je retourne faire sa fête à mon hamburger, en picorant quelques frites entre deux bouchées, mais bien plus mal à l'aise que quelques minutes plus tôt.
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C. Sienna Johanward

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ETUDES : Economie, droit & gestion. Spécialité Management & Option Marketing
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MessageSujet: Re: ~ the words get confused and the conversation dies. [sienna]   Dim 7 Mar - 23:00

    Elle soupira. Elle leva un œil à l’horloge. 13h21. Second soupir. Son prochain cours étant à 14 h et celui-ci n’était pas encore fini. Elle allait avoir moins de 30 minutes pour manger. Elle n’avait pas le choix. La cafétéria s’imposait. Elle n’aimait pas la nourriture là-bas ni l’ambiance qui y régnait. Elle reporta son regard sur le professeur. Si elle avait regardé à travers la fenêtre, elle aurait vu ce papillon blanc et ses battements d’ailes hypnotisant telle une dance sans fin ; elle aurait eu l’impression que les nuages prenaient la forme d’une pizza ce dont pour quoi elle aurait tué à ce moment précis ; elle aurait senti la douceur du soleil colorer ses yeux d’un bleu clair et brillant ; elle aurait lu à travers les lignes ; elle serait devenu lumière ; elle aurait désiré s’allonger dans l’herbe telle la gamine qu’elle n’a jamais été ; elle aurait oublié ses rêves et ses cauchemards. Les paroles du professeur s’interrompirent brusquement. Le cours était terminé. Sienna ramassa ses affaires, mit négligemment son sac sur son épaule et sortit.

    Elle marchait. Elle parcourait les différents couleurs pour atteindre la cafétéria. La résonnance que provoquaient les battements produits par ces talons ne faisait que renforcer l’impression d’un silence compris. Son visage ne laissait transparaitre aucune pensée. On s’extasiait sur sa bouche qu’elle avait peinte de rouge. Souvenir d’une gloire passé d’un vieux tube de rouge à lèvres. On admirait ses longues jambes que son maigre short dénudait et on se demandait comment elle faisait pour avoir l’audace de porter une pareille tenue à ce stade de l’année. On dévorait ses yeux. On devinait le tee-shirt que sa veste blazer couvrait. Son esprit était ailleurs. Elle s’était réveillée avec ce sentiment familier de ne pas avoir dormi assez. Ses paupières semblaient avoir oublié leur fonctions. Elle s’était trainée sous la douche où la puissance du jet d’eau avait bousculé ses pensées et activé son cerveau. Lui revenait en mémoire les images du cauchemar duquel son réveil l’avait tirée. Une petite fille ; Des cheveux or ; Des yeux turquoise ; Un regard perdu ; Le silence à l’intérieur ; Une fenêtre ; Des enfants à l’extérieur ; La solitude. Partout. Elle laissa couler l’eau longtemps.

    Tandis qu’elle avançait en direction de la cafétéria, elle essaya de chercher au fond de son esprit une raison à cette remontée à la surface de moments douloureux et de peurs enfouies qu’elle croyait avoir perdue à jamais. D’un mouvement léger, elle ouvra la porte du réfectoire et détailla rapidement la pièce. Son regard s’arrêta sur une table ronde dissimulée dans l’ombre qu’une jeune fille aux cheveux blonds et à l’apparence frêle occupait. Elle tenait dans ses mains un hamburger. Son regard était baissé. Sienna la reconnut. Le sentiment qu’elle éprouvait quand elle la voyait était troublant. Son esprit s’emplissait de haine cependant elle ne pouvait détacher son attention. Elle avait l’impression de voir sous ses yeux son enfance. La solitude. La fragilité. La peur. Soudain, elle comprit. Elle déposa une assiette remplie de frites sur son plateau. Cette fille était à l’origine de ses cauchemards. Elle marchait entre les tables. De vagues connaissances lui adressaient des sourires qu’elle ignorait en retour. Elle entendit une vague esquisse de rire. Elle détailla la personne qui en était à l’origine et la vit blêmir. Elle reporta son regard vers la jeune fille solitaire. Prise d’une soudaine impulsion, elle se dirigea d’un pas décidé mais léger vers elle.
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Analeigh Evans

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MessageSujet: Re: ~ the words get confused and the conversation dies. [sienna]   Dim 4 Avr - 23:36

Habituellement, ma solitude me conforte dans mon idée que je suis une personnalité indépendante, un électron libre, un de ces rares humains capables de survivre autrement qu'en meute, de se contenter de son seul propre être au lieu de s'échiner à faire bonne figure dans l'espoir d'intégrer un groupe ou un clan quelconque. Ma solitude me rassure, me gonfle d'une fierté indicible et ô combien paradoxale, car j'ai le sentiment d'avoir choisi ; je suis seule non pas par défaut mais parce que c'est ce que je préfère, et je me néglige volontairement pour ne pas avoir à vivre d'une quelconque autre manière. Elle me donne l'impression -illusoire ou non, cela reste à voir- d'être au dessus d'eux, de tout, de tous leurs rites sociaux stupides, leurs conventions mensongères et leurs besoins primaires à la con. Ma solitude est ma liberté. Mais les choses me semblent parfois différentes, et il suffit de peu pour me déstabiliser ; sitôt que j'entends un rire, que j'imagine que j'en suis la cause, mes fondations s'ébranlent et je me surprends à tituber. Je me sens tout d'un coup bien désœuvrée, je n'ai nulle part ou regarder, personne à qui parler, et je ne sais comment agir pour feindre une totale indifférence. En désespoir de cause, je tire à moi mon sac de cours que j'avais machinalement laissé choir sur le sol, et l'entrepose plus ou moins délicatement sur le table. D'une main experte, j'ouvre la fermeture éclair et tire de mon Eastpak bleu clair une revue de cinéma , dans laquelle je me plonge aussitôt. C'est bon, j'ai retrouvé ma contenance.

Je feuillette le magazine d'une main, en veillant bien à ne pas le tacher de mes mains graisseuses à cause du hamburger et des frites que je piochais de temps à autre, et m'attarde plus longuement sur les critiques des films qui avaient retenu mon attention au préalable. J'aimais la manière dont les journalistes ne se contentaient pas d'exprimer leur opinion de manière scolaire et dénuée d'intérêt ; ils y mettaient tous le ton, chacun à leur manière, et insufflaient systématiquement un certain style à leurs propos, arrondissant leurs formulations à l'aide d'une ponctuation précise et étudiée, justifiant leurs arguments d'exemples savamment amenés, sans compter les nombreuses figures de style dont certains semblaient raffoler. Il y avait même une certaine dose d'humour quand on avait la chance de tomber sur un petit comique de journaliste, du genre qui aime à tourner un film en dérision si subtilement que même en ayant apprécié le film, on ne peut qu'approuver le jugement de l'auteur de l'article. Difficile donc de ne pas se laisser convaincre par un avis trop subjectif présenté de la sorte. Doucement, je me laisse bercer par les différents critiques et tourne les pages au gré de mes envies. Mais une ombre passagère me bloque soudain dans mon geste, je sens comme un regard se poser sur moi, littéralement, comme si ce regard avait constitué une espèce de chose matérielle dont j'aurais pus sentir le poids sous lequel j'aurais courbé presque imperceptiblement l'échine. Intimidée, je lève le regard et découvre avec stupeur que le regard en question n'appartenait à personne d'autre que Sienna Johanward.

Sienna. Ce nom semblait collé à toutes les bouches que j'avais pu croiser jusque là. J'avais entendu un certain nombre de rumeurs à son sujet, fondées ou non, je n'en avais certes aucune idée, mais j'étais d'avis qu'on ne pouvait pas être complètement respectable pour provoquer et attiser ainsi l'intérêt d'une si grande partie de la population, surtout une population avec ce niveau intellectuel. Et puis, il n'y avait pas à chercher bien loin ; rien qu'à en regarder la démarche ou le style vestimentaire la jeune blonde, il est évident que celle-ci ne manque pas d'assurance et souffre probablement de dépendance à l'égard de sa carte de crédit et des dépenses outrancières. Elle ne se contente pas de marcher ou de déambuler dans les couloirs, elle semble, non pas se pavaner, mais voler au dessus des autres, comme si nous étions tous indignes de la côtoyer. Ou peut-être est-ce ici juste les impressions d'une névrosée paranoïaque et prompte à improviser des jugements hâtifs en tous genres. Nous ne le saurons sans doute jamais.

« Qu'est-ce que tu me veux ? »

Mon temps me paraît beaucoup plus agressif que ce que j'aurais souhaité, mais je n'ai jamais fait preuve de prédispositions naturelles pour ce qui est des dosages, aussi ne faudra-t-il pas s'étonner que je sois si maladroite à contrôler les inflexions de ma propre voix. Paradoxalement au ton utilisé, mon visage est ouvertement méfiant, voire craintif, et, inconsciemment, j'esquisse un léger geste de recul, comme si cela pouvait me sauver de quoi que ce soit. Un rapide coup d'œil au reste de la salle m'apprend que la soudaine lubie de Sienna Johanward de venir se taper l'incruste à ma table n'est pas passée inaperçue, ce qui me perturbe d'autant plus. Pitié, qu'elle s'en aille, qu'elle s'en aille, qu'elle s'en aille...
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C. Sienna Johanward

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MessageSujet: Re: ~ the words get confused and the conversation dies. [sienna]   Sam 15 Mai - 20:30

Pourquoi cette décision ? Elle-même l’ignorait. Elle se laissait bercer par l’illusion de l’existence du destin. Elle aimait se dire que la vie est un fleuve et que ses choix se perdent entre ses flots, trop faibles face à cet inconnu nommée destin. Cependant une part d’elle-même devinait que cette jolie thèse n’était qu’un prétexte pour expliquer sa lâcheté devant les choix à prendre. Chaque choix qu’il soit de grande importance ou non la plongeait dans une longue torpeur dont elle ne sortait pas plus sereine. Pour ne plus avoir à endurer ces intenses réflexions qui la tiraillaient, elle se laissait guider par des impulsions qu’elle mettait ensuite sur le compte du destin.
Parfois lors de moments empreints de solitude et de doutes, elle remettait en compte sa façon d’agir. N’était-elle qu’une lâche finalement ? Une lâche, ni plus ni moins. Etait-elle si lâche au point de se laisser voguer au gré du hasard ? car le destin y ressemble beaucoup. Généralement elle portait ses interrogations jusqu’aux clubs où elle passait sa nuit où l’alcool et la danse faisaient taire ces reproches pour ne laisser qu’un mot : liberté. Ses choix étaient sa liberté. Sur la piste, les mouvements de son corps accompagnaient les remous de ses pensées. Elle était libre. Elle tournait, ses bras dépliés. Elle était prête à s’envoler. Tel un oiseau. Libre.

Tandis qu’elle se dirigeait vers le fameuse table camouflée dans un coin sombre, son esprit était en proie à de multiples questions. Elle ne remettait pas en cause sa soudaine impulsion. C’était sa façon à elle d’être un oiseau sauvage, un être libre. Elle l’avait toujours su. Cependant où cela la mènerait-elle ? Cette fille dont elle ne connaissait même pas le nom avait retenu son peu d’attention. Oui mais Sienna était la mieux placée pour savoir que ce n’était pas dans ses habitudes d’aller vers les autres. Elle soupira intérieurement. Elle était tellement imprévisible que parfois elle se surprenait elle-même. Lorsqu’elle laissa ses réflexions de coté, elle se rendit compte que la cafétéria était beaucoup moins bruyante qu’elle le pensait. Ou peut-être était-ce du à sa présence ? Peut importe. Elle s’arrêta de marcher, la table à quelques centimètres et porta son regard sur son habitante. Elle capta le regard de la jeune femme solitaire quelques secondes. Ce court échange lui suffit pour y concentrer son attention. Les épaules repliés sur elle-même, signe que Sienna interpréta comme une sorte de protection, elle gardait les yeux baissés pour donner l’impression qu’ils étaient fixés sur les pages du magasine qu’elle lisait. L’impression de fragilité qui se dégageait de l’apparence de la jeune fille ne provoquait pas un sentiment de pitié chez Sienna. Elle n’avait même pas envie d’en rire. Elle ressentait une forme d’incompréhension mêlée à la colère. Quand elle voyait cette jeune femme, elle se sentait blessée, elle. Quelle était son nom ? Tous ceux qu’elle essaya de lui associer ne lui convenaient pas. Elle essaya son propre nom, celui que personne ne connaissait. Celui qui correspondait à son passé. Etrangement, contrairement aux précédents, il ne sonna pas faux. Elle décida alors de la surnommer comme ça. Calypso. Peut-être que si elle se rapprochait de l’oiseau timide et farouche elle pourrait découvrir ses failles, les panser, les apprivoiser et peut-être même les guérir.

En attendant, l’idée de sa présence devant la jeune femme solitaire, ou plutôt Calypso commençait à l’amuser. Elle ne prenait pas plaisir à voir la honte et le sentiment d’impuissance se peindre sur son visage, mais plutôt à y lire l’incompréhension qu’elle ne dissimulerait pas devant ces habitudes ainsi chamboulées. Elle la fixa si longtemps que beaucoup pensèrent qu’elle essayait de lire en elle. Quand elle avait vu qui se tenait devant elle prête à s’asseoir à sa table, Calypso avait d’abord affiché une expression de profonde surprise qui arracha un sourire à Sienna. Puis ses traits s’étaient modifiés pour laisser place à de la méfiance qui ressemblait de près à de la peur.

« Qu'est-ce que tu me veux ? »

Sienna ignora le ton sec de sa voix et prit cette phrase comme le signal de s’asseoir. Elle posa ses frites et sa bouteille d’eau sur la table ainsi que son sac un peu plus loin, et s’assit. Elle laissa une chaise vide entre les deux femmes. Elle porta son regard à nouveau sur Calypso et suivit attentivement la trajectoire d’une frite que celle-ci porta à sa bouche. Quand la jeune fille vit qu’elle la regardait, ses joues se colorèrent joliment et disparurent derrière le magasine. Sienna eut alors tout le plaisir d’admirer la couverture et reconnut un célèbre magasine portant sur la critique cinématographique.

« Tu aimes le cinéma ?

Calypso baissa légèrement son magasine ce qui permit à Sienna de capter son regard. Elle se doutait que sa question devait l'avoir surpris. Qui ne le serait-pas ? Elle enchaîna :

- Je m’appelle Sienna Johanward. Et toi ? »
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